Leur nom a circulé lors du séisme d’Al Haouz en septembre 2023. Le 1er Bataillon des chasseurs de l’Atlas avait alors rejoint plusieurs zones isolées afin d’acheminer du matériel de secours aux populations touchées. Plus récemment, le 18 janvier 2026, ces militaires ont de nouveau été mobilisés après l’avalanche survenue au Parc national du Toubkal pour récupérer les corps de deux touristes locaux et d’un guide.
Cette unité des Forces armées royales est spécialisée dans les opérations en haute montagne, apprend-on du dernier numéro de la Revue des FAR. Ses militaires sont formés pour «évoluer à haute altitude et sur des reliefs escarpés où les conditions climatiques et l’isolement compliquent toute intervention». Le bataillon est sollicité pour des missions militaires, des opérations spéciales mais aussi pour des recherches et des secours après accidents ou catastrophes naturelles, détaille-t-on.
La création de cette unité de montagne des FAR remonte à 1958. Son organisation a évolué à plusieurs reprises au fil des années afin de répondre aux exigences opérationnelles. Cette évolution aboutit en 2013 à la constitution du Bataillon des chasseurs de l’Atlas par décision royale. Dans ce cadre, le 1er Bataillon des chasseurs de l’Atlas assure l’intervention en haute montagne, que ce soit dans le cadre d’opérations classiques, spéciales ou de missions de sauvetage et de secourisme, peut-on lire sur le 408ème numéro de la Revue des FAR.
Ce bataillon remplit également une mission de formation. Il prépare les militaires de différentes unités des Forces armées royales aux techniques d’escalade et de ski ainsi qu’aux méthodes de survie en montagne, de sauvetage et de secourisme. «La montagne, avec ses contraintes et ses dangers, représente en effet un environnement exigeant où la préparation des équipes reste déterminante pour la conduite des opérations», précise-t-on.
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La préparation de cette unité repose sur un entraînement spécifique adapté aux environnements montagneux. L’élément central de ce dispositif est l’Annexe d’instruction de haute montagne (AIHM), structure intégrée au bataillon. Située à Oukaïmeden, cette annexe organise tout au long de l’année des stages de ski, d’escalade et des formations consacrées à la vie et à la survie en montagne. Les programmes incluent également des modules dédiés au sauvetage et au secourisme en altitude.
Ces formations bénéficient à plusieurs unités des Forces armées royales, notamment la Gendarmerie royale, la Marine royale, les Forces spéciales ou encore les troupes aéroportées. Des séjours d’oxygénation et des stages d’aguerrissement sont également organisés au profit de plusieurs établissements de formation militaire, parmi lesquels l’Académie royale militaire, l’École royale de l’air et l’École royale de l’infanterie.
Les instructeurs transmettent des méthodes utilisées sur le terrain, acquises au fil des missions menées dans les massifs du pays. L’objectif consiste à maintenir une capacité opérationnelle permettant aux unités de se déplacer et d’intervenir dans des zones où les conditions rendent l’accès particulièrement difficile, fait-on savoir.
L’expérience du bataillon s’est construite à travers plusieurs interventions marquantes. En décembre 1996, une tempête de neige frappe la région du Jbel Bouiblane, près de Taza. Les équipes du bataillon participent alors aux opérations de soutien logistique afin d’aider les populations touchées par les intempéries, rappelle la Revue des FAR.
L’année suivante, elles sont engagées dans la région de Ouarzazate après le crash d’un avion suisse sur un terrain difficile d’accès. Les militaires prennent part à la mission de récupération organisée dans cette zone montagneuse.
Des éléments du 1er Bataillon des chasseurs de l’Atlas mobilisés à Toubkal.
Quelques années plus tard, une nouvelle intervention mobilise le bataillon. En février 2002, les équipes sont déployées au Jbel Awlim, dans la province de Taroudant. Leur mission consiste à récupérer l’enregistreur de vol d’un avion cargo ukrainien ainsi que les dépouilles des victimes après l’accident survenu en haute montagne.
En mai 2004, ils sont de nouveau engagés pour une opération de recherche au Jbel Mourik, dans la province d’Azilal. Les équipes localisent un couple de touristes français porté disparu dans un secteur particulièrement escarpé.
Le bataillon intervient également lors d’accidents liés aux activités de montagne. En 2010, des militaires sont mobilisés à la station de ski d’Oukaïmeden afin de secourir un snowboarder pris dans une avalanche.
Plus récemment, le séisme du 8 septembre 2023 dans la province d’Al Haouz entraîne une mobilisation importante des équipes. Plusieurs détachements sont envoyés vers des villages isolés dans les reliefs de la province de Taroudant. Les militaires organisent notamment l’acheminement d’urgence de 30 tentes, soit environ 1.200 kilogrammes de matériel, vers des zones difficilement accessibles par la route. Et leur dernière intervention médiatisée remonte au 18 janvier 2026, à la suite d’une avalanche à Toubkal.
















