À l’approche du mois sacré, période où le sellou s’invite au cœur des tables marocaines, les étals des marchands d’épices se garnissent et l’affluence s’intensifie. Si l’approvisionnement semble assuré, les prix, eux, connaissent de fortes variations, au gré de l’origine des produits, de leur qualité et du niveau de la demande.
«Grâce à Dieu, la marchandise est disponible, et les richesses de notre pays sont abondantes», assure Abdelghani, vendeur d’épices, derrière son comptoir. «Le sésame local se vend entre 40 et 70 dirhams: c’est un produit de bonne qualité. Celui importé d’Égypte coûte entre 25 et 28 dirhams, mais il est moins résistant», précise-t-il. Il ajoute: «Le sésame non trié est encore moins cher, mais il n’est pas recommandé pour la préparation.»
Autour du sésame gravite toute une liste d’ingrédients indispensables à la préparation du sellou. «Le lin, le soja, la nigelle, l’anis, le fenouil, la gomme, le mastic… tout est disponible cette année», assure Abdelghani. Les amandes, pièce maîtresse de la recette, affichent cependant des écarts importants. «Les amandes marocaines existent à plusieurs prix: certaines à 19 dirhams, les sélectionnées à 160 dirhams, les ‘roussi’ à 120 dirhams et les amandes concassées à 90 dirhams», détaille-t-il. «Chacun choisit selon ses moyens. Ceux qui cherchent moins cher peuvent préparer leur sellou avec des amandes à 90 dirhams le kilo», conclut-il.
Un peu plus loin, Mustapha, autre vendeur d’épices, abonde dans le même sens: «Les prix dépendent avant tout de la qualité», explique-t-il. Selon lui, l’amande concassée se vend autour de 90 dirhams, tandis que celle provenant de Meknès est plus chère: 110 dirhams. «Et l’amande de Meknès non concassée, plus épaisse, peut atteindre 120 dirhams», précise-t-il.
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D’autres produits affichent également des niveaux de prix soutenus. «L’anis marocain atteint 25 dirhams les 250 g, mais c’est un produit efficace et très recherché. Franchement, cette année, les prix restent malgré tout acceptables», estime Mustapha.
Sur les fruits secs, il indique que les amandes locales se situent entre 90 et 110 dirhams. La cacahuète, elle, se vend autour de 30 à 32 dirhams, avec trois variantes proposées: rouge, «épaisse» ou décortiquée, précise un autre marchand.
Les graines de nigelle se négocient, selon lui, entre 80 et 90 dirhams, tandis que l’anis (en graines) évolue dans des niveaux proches. «La demande est bonne cette année. Les clients sont au rendez-vous, mais la qualité reste déterminante: lorsqu’elle est au niveau, la demande suit naturellement», conclut-il.








