Au 7 février, le stock national atteint 10.934 millions de m³ (Mm³) contre 10.287 Mm³ au 31 janvier, soit 647 Mm³ supplémentaires en une semaine. Le taux de remplissage passe de 61,3% à 65,2% pour une capacité globale d’environ 16.762 Mm³.
Dans le détail, plusieurs grands barrages ont vu leurs réserves augmenter de manière significative. Idriss Ier est ainsi passé de 736 à 926 Mm³, tandis que Bin El Ouidane a progressé de 514 à 619 Mm³. La hausse est également notable au niveau de Dar Khrofa, dont les retenues sont passées de 286 à 413 Mm³, ainsi qu’à Ahmed El Hansali, en augmentation de 446 à 538 Mm³.
Al Massira a, pour sa part, vu son volume grimper de 395 à 453 Mm³. Des hausses plus modérées ont été enregistrées au barrage Hassan II, lequel est passé de 103 à 122 Mm³, et à Mansour Dahbi, dont les réserves ont augmenté de 153 à 164 Mm³.
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À l’inverse, certains barrages affichent un léger recul sur la période. Al Wahda passe de 3.204 à 3.122 Mm³, tandis que Sidi Mohammed Ben Abdellah recule de 947 à 916 Mm³. Des variations qui s’expliquent notamment par des ajustements d’exploitation.
«L’accélération observée sur la semaine se lit dans la progression des volumes stockés. Elle change aussi la nature du pilotage, l’objectif devenant autant de gérer les entrées que d’optimiser le stock», nous explique Amine Benjelloun, hydrologue.
Quand les niveaux remontent rapidement, le pilotage ne vise plus seulement à maximiser le stock. Il consiste aussi à maintenir une marge de manœuvre suffisante pour absorber des arrivées d’eau brusques, sécuriser les ouvrages et éviter que les crues ne se traduisent par des évacuations en urgence. Autrement dit, à mesure que le système se “remplit”, la gestion devient plus fine et plus active.
Garder de la «marge» pour absorber les pics d’apports
C’est dans cette logique que des déversements ont été privilégiés, notamment au niveau d’Al Wahda et d’Oued El Makhazine. L’enjeu est de préserver une capacité d’absorption dans les retenues - autrement dit, de conserver de la «marge» pour accueillir d’éventuels apports exceptionnels sans franchir les seuils d’exploitation. Ces déversements permettent également de réguler les débits en aval, en évacuant l’eau de façon graduelle, plutôt que d’être contraint, en situation d’urgence, à des lâchers massifs, souligne Amine Benjelloun.
À Al Wahda, l’ampleur des apports fait ressortir ce besoin de pilotage fin. À elle seule, la journée du 4 février a vu le barrage recevoir 225 Mm³. En parallèle, des déversements quotidiens de l’ordre de 190 Mm³ sont opérés depuis plusieurs jours, précisément afin de préserver une marge de stockage suffisante.
Des déversements préventifs enclenchés à Al Wahda après la forte remontée du niveau des eaux.
À Oued El Makhazine, la pression est encore plus élevée, avec une situation de dépassement des références d’exploitation. Le barrage a dépassé sa capacité normale depuis le 6 janvier 2026, le niveau des réserves dépassant de quatre mètres le niveau historique observé depuis le début de l’exploitation en 1972.
Les apports hydriques y atteignent 972,9 Mm³ entre le 1er septembre 2025 et le 4 février 2026, dont 716,8 Mm³ sur les deux dernières semaines seulement, soit 73,68% du total. À cette date, le stock atteint 988 Mm³, avec un taux de remplissage indiqué à 146,85%. Face à cette configuration, des lâchers préventifs ont été effectués, portant le volume cumulé évacué à 372,9 Mm³.
Le barrage Oued El Makhazine. (S.Kadry/Le360)












