En début d’après-midi de ce samedi 7 mars, la plage de Aïn Diab offrait un spectacle inquiétant. Partout, le sable et l’eau étaient parsemés de déchets, de morceaux d’emballages et de produits divers, vestiges des conteneurs tombés en mer.
La scène prenait une tournure encore plus dramatique avec la présence de mouettes mortes, étendues sur le rivage, victimes apparentes de la toxicité des marchandises déversées. Pour les promeneurs, la plage, habituellement lieu de détente, s’était transformée en un rappel saisissant des dangers écologiques liés à l’accident survenu le mercredi 25 février.
Déchets des conteneurs du navire libérien Ionikos sur la plage de Aïn Diab à Casablanca (A.Gadrouz/Le360).
Contacté par Le360, Moulay Ahmed Afilal, vice-président de la commune chargé du secteur de la propreté, assure que la mobilisation est totale depuis l’apparition des premières cargaisons en mer. «Chaque jour, matin et soir, la mer rejette des déchets issus de ces conteneurs. Les agents de collecte des déchets s’activent quotidiennement pour nettoyer les zones touchées, en particulier la plage de Aïn Diab, où les opérations de nettoyage se poursuivent sans relâche», explique-t-il.
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Afilal tient à préciser, images à l’appui, que la zone filmée en début d’après-midi par Le360 (plage Lalla Meryem) a été nettoyée en fin de journée, tandis que des opérations de collecte se poursuivent dans d’autres secteurs côtiers, notamment autour de la Mosquée Hassan II.
Interrogé sur le sort des oiseaux marins après ce drame, l’élu istiqlalien alerte sur la gravité des conséquences sur la faune: «Les mouettes fouinent habituellement dans les déchets rejetés par la mer. Mais cette fois, après avoir ingéré certains produits des conteneurs, elles sont mortes sur place. Nous ignorons encore la nature exacte de ces substances et leur toxicité».
À ce jour, l’Agence nationale des ports (ANP), autorité de tutelle du port de Casablanca, n’a communiqué aucune information sur l’incident, ni pendant la consignation du port, ni lors de la reprise du trafic. La nature et la composition des produits transportés par les conteneurs coulés restent inconnues, laissant planer un doute sur l’ampleur réelle du risque écologique.
L’incident du navire Ionikos rappelle l’importance de la vigilance et de la transparence dans la gestion des ports et du transport maritime, essentiels pour prévenir des catastrophes aux conséquences durables sur les écosystèmes littoraux.


















