Fruits et légumes: au cœur du marché de gros de Casablanca, entre fièvre du ramadan et réalités du terrain

أسعار الخضر تتراجع في الأسبوع الثاني من رمضان بالدار البيضاء

La hausse des prix des légumes, observée lors des premiers jours du mois sacré est une constante historique. (S.Bouchrit/Le360)

Le 01/03/2026 à 13h51

VidéoLe marché de gros des fruits et légumes de Casablanca vit actuellement une effervescence particulière. La fluctuation des prix est scrutée de près par les ménages et les professionnels.

La hausse des prix des légumes, observée lors des premiers jours du mois sacré n’est pas une surprise, mais une constante historique. Abdelkebir Miidine, secrétaire général de l’Association du marché de gros des fruits et légumes de Casablanca, apporte un éclairage sur cette saisonnalité: «À chaque commencement du mois de Ramadan, il y a cette vague d’augmentation des prix. Depuis plus de vingt ans, nous savons qu’il y a deux événements dans l’année qui se répercutent sur les prix: le Ramadan et l’Aïd Al Adha.»

Selon lui, deux facteurs structurels expliquent cette tension immédiate: l’exportation massive depuis les zones de production qui réduit l’offre locale, et une explosion de la demande intérieure, les habitudes de consommation changeant radicalement durant cette période.

Cependant, cette «fièvre» des prix semble déjà s’estomper. Miidine souligne une régulation naturelle du marché après le choc initial des premiers jours:

«Dès le cinquième jour du Ramadan, les prix reprennent une tendance baissière. À titre d’exemple, le premier jour, le poivron rouge et le poivron vert se vendaient à 10 dirhams le kilo au marché de gros; aujourd’hui, le prix a baissé de 2 à 3 dirhams.»

L’analyse comparative avec l’année précédente apporte également une note d’optimisme pour le consommateur casablancais. La tomate, ingrédient indispensable de la Harira, affiche une stabilité rassurante: «Le prix de la tomate est resté stable: 4 à 5 dirhams le kilo à la vente en gros. Si on compare à l’année dernière, son prix dépassait les 7 dirhams. Les pommes de terre, leur prix oscille entre 3 et 4,5 dirhams, et les carottes entre 3 et 4 dirhams.»

Malgré cette détente globale, certains produits continuent de peser sur le panier de la ménagère, victimes de circonstances exceptionnelles. C’est le cas de l’oignon, dont la rareté et le coût actuel s’expliquent par des facteurs climatiques et logistiques.

Jamee Aziz, commerçant aguerri au marché de gros, témoigne de la difficulté de maintenir l’équilibre entre l’offre et la demande: «Le prix des oignons est en hausse car la demande est en hausse. Les inondations sont passées par là. Il y a également l’oignon importé qui se vend à 6 dirhams le kilo au gros. La demande dépasse l’offre, c’est donc normal que les prix augmentent.»

Si la demande du Ramadan crée une tension inévitable, la résilience de la chaîne d’approvisionnement et la baisse progressive des prix après la première semaine laissent présager une stabilisation pour le reste du mois.

Par Hafida Ouajmane et Sifeddine Elbelghiti
Le 01/03/2026 à 13h51