Un important sit-in national rassemblant des centaines d’enseignant(e)s de l’enseignement préscolaire, venus de différentes régions du Royaume s’est tenu hier, lundi 26 janvier au matin, devant le Parlement. Cette mobilisation, appelée par plusieurs coordinations et syndicats professionnels, visait à réclamer leur intégration immédiate dans la fonction publique et à dénoncer ce qu’ils qualifient d’«exploitation» exercée par les associations chargées de leur recrutement, ainsi que la dégradation continue de leurs conditions professionnelles et sociales, relaie Al Akhbar de ce mercredi 28 janvier.
Les manifestants ont scandé des slogans dénonçant la précarité de l’emploi et l’absence de stabilité professionnelle, appelant à la préservation de la dignité du personnel du préscolaire et à l’amélioration de leurs conditions matérielles et professionnelles. Ils ont également exigé la fin du système de délégation de gestion aux associations, qu’ils considèrent comme une porte ouverte aux violations des droits et à l’imposition de contrats jugés «abusifs». Selon eux, le recours persistant aux associations pour le recrutement des enseignants du préscolaire, en l’absence d’un cadre juridique équitable et protecteur, a favorisé la généralisation de pratiques qu’ils assimilent à de l’exploitation et à des formes de pression, à travers des contrats de travail ne respectant pas les normes légales, des salaires faibles, ainsi que l’absence de protection sociale et de stabilité professionnelle.
Les participants à cette action protestataire, organisée notamment par le Syndicat national de l’enseignement préscolaire affilié à l’Union marocaine du travail, le Syndicat national des éducatrices et éducateurs du préscolaire relevant de la Confédération démocratique du travail, ainsi que la Commission nationale des enseignants du préscolaire de la Fédération nationale de l’enseignement, ont appelé à l’application immédiate des dispositions de la loi-cadre 51.17. Ce texte prévoit l’intégration de l’enseignement préscolaire dans le système public, une mesure que les protestataires estiment être restée lettre morte malgré les engagements annoncés, précise Al Akhbar.
Cette montée de tension intervient dans un contexte marqué par la multiplication des critiques concernant la gestion du secteur du préscolaire, qui emploie des dizaines de milliers d’éducatrices et d’éducateurs. Ces derniers estiment que le ministère de tutelle se décharge de sa responsabilité directe en confiant la gestion à des associations qui, selon eux, ne font pas l’objet d’un contrôle rigoureux. De son côté, le ministre de l’Éducation nationale et de l’Enseignement préscolaire, Mohamed Saad Berrada, a défendu le mode de recrutement via les associations. Lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, il a affirmé que ce choix avait permis de généraliser l’enseignement préscolaire dans un grand nombre de régions du pays, précisant que le taux de couverture avait atteint 85% depuis le lancement effectif du programme en 2018.
Le ministre a également indiqué que les associations sont tenues de recruter les éducatrices et éducateurs sur la base de contrats à durée indéterminée, permettant la prise en compte de l’ancienneté, et que les académies régionales s’engagent à verser les montants dus aux associations aux mois de septembre et janvier afin d’éviter les retards dans le paiement des salaires. Concernant les revendications liées à l’amélioration des conditions matérielles et professionnelles, Mohamed Saad Berrada a reconnu l’existence de difficultés, soulignant qu’environ 50.000 éducatrices sont concernées par la nécessité d’une revalorisation. Il a toutefois précisé que la priorité actuelle du ministère reste la résolution des problématiques de l’enseignement primaire et collégial, ainsi que la lutte contre l’abandon scolaire, avant d’envisager, ultérieurement, des solutions possibles pour le préscolaire, «dans la limite des moyens disponibles».







