Casablanca-Settat: comment la SRM adapte son dispositif de curage face à l’intensité des précipitations

Les agents de la SRM Casablanca-Settat en pleine opération de curage manuel et mécanique pour assurer l’écoulement des eaux et limiter les risques d’inondation. (S.Bouchrit/Le360)

Le 15/02/2026 à 10h36

VidéoDans le cadre de sa mission de gestion des services publics, la SRM Casablanca-Settat déploie un programme de curage préventif sur l’ensemble de son périmètre régional. À Aïn Sebaâ et Sidi Bernoussi, ce sont déjà 300 kilomètres de réseau et 3 000 ouvrages qui ont été curés en 2025. Un déploiement technique de grande envergure pour préparer la métropole à des précipitations dont l’intensité défie désormais les statistiques habituelles.

Assurer la continuité du service public et limiter l’impact des intempéries sur les quartiers : tel est l’objectif affiché par la Société Régionale Multiservices (SRM) Casablanca-Settat, chargée de la gestion de l’eau potable, de l’assainissement liquide et de l’électricité à l’échelle de la région.

Dans ce cadre, la Direction préfectorale de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi a mobilisé une armada de ressources humaines et techniques. «Cette année, nous avons réussi à traiter pas moins de 300 kilomètres de réseau, ce qui correspond à environ 30 % du linéaire total sur les préfectures de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi», explique Mohcine Mabsout, chef du département assainissement liquide de la Direction.

Tout commence par un diagnostic technique rigoureux mené au lever du jour. C’est à travers cette analyse que le chef d’équipe établit le planning quotidien et répartit les unités d’intervention sur les zones critiques. Ces opérations ciblent en priorité les points bas de la région afin de renforcer la capacité d’évacuation des eaux pluviales.

Pour atteindre cet objectif, deux modes opératoires complémentaires sont déployés. D’une part, le curage mécanique par hydrocureur est privilégié pour le nettoyage des conduites. La haute pression permet de déloger les sédiments lourds et les débris accumulés sur de longues distances, restaurant ainsi la fluidité du réseau.

D’autre part, le curage manuel intervient au niveau des ouvrages stratégiques, tels que les bouches d’égout. Cette intervention humaine permet de retirer les déchets encombrants bloquant les entrées du système et d’effectuer un contrôle visuel de l’état des infrastructures. Selon les chiffres de la Direction Préfectorale de Aïn Sebaâ-Hay Mohammadi et Sidi Bernoussi, plus de 3 000 unités ont ainsi été curées manuellement durant l’année 2025.

La sécurité des équipes et des citoyens demeure une priorité absolue lors de ces opérations. Avant toute intervention, les niveaux de gaz, notamment le sulfure d’hydrogène, sont systématiquement mesurés en PPM pour prévenir tout risque d’intoxication. Afin de limiter l’exposition au danger, les manœuvres sont réalisées depuis la surface par les techniciens, tandis qu’un balisage rigoureux des zones d’intervention est mis en place pour protéger les riverains de toute chute accidentelle.

L’impact de cette mobilisation se mesure concrètement lors des épisodes pluvieux. En libérant les artères souterraines, la SRM parvient à réduire de manière significative la stagnation des eaux sur les routes, dans les quartiers populaires ainsi que dans les zones industrielles stratégiques.

Ce dispositif constitue un rempart essentiel pour protéger les «points noirs» de la région contre les risques d’inondations et de crues urbaines. Au-delà de la gestion des intempéries, cette vigilance continue assure une mission de santé publique en garantissant un écoulement fluide des eaux usées, limitant ainsi les risques d’engorgements et d’impacts environnementaux, même en dehors des périodes de pluies.

«Notre priorité est de limiter l’impact des pluies sur la circulation et la vie quotidienne, tout en protégeant les points noirs identifiés dans notre périmètre», précise Mohcine Mabsout au nom de la SRM.

S’agissant des débordements localement observés lors du dernier épisode pluvieux, ceux-ci ne remettent pas en cause l’efficacité des opérations de curage, mais soulignent le caractère exceptionnel des précipitations enregistrées.

Les experts de la SRM expliquent que ces pluies ont atteint une intensité inédite, avec des volumes d’eau concentrés sur une durée extrêmement courte, un phénomène que les modèles statistiques ne prévoient généralement qu’une fois tous les 50 ans. Dans ces conditions, la saturation du réseau ne provient pas d’un défaut d’entretien, mais d’un débit dépassant largement les capacités de conception des infrastructures.

Par Najwa Targhi et Said Bouchrit
Le 15/02/2026 à 10h36