Archéologie: des fossiles humains datant de 773.000 ans découverts à Casablanca

Spécimens des fossiles découverts à Casablanca, dans la carrière Thomas I, datant de 773.000 ans. (Y.Mannan/Le360)

Le 07/01/2026 à 17h40

VidéoUne équipe de chercheurs a mis au jour, dans la carrière Thomas I à Casablanca, des fossiles humains vieux de 773.000 ans. Publiée le 7 janvier 2026 dans la revue Nature, cette découverte majeure éclaire une période charnière de l’évolution humaine et confirme le rôle central de l’Afrique du Nord dans les origines profondes de l’espèce Homo sapiens.

De nouveaux fossiles d’hominidés ont été découverts à Casablanca, au sein d’une cavité de la carrière Thomas I. Une équipe internationale de chercheurs y a étudié plusieurs restes humains, dont des mandibules appartenant à deux adultes et à un enfant, ainsi que des vestiges dentaires et post-crâniens.

Les fossiles présentent une combinaison remarquable de caractères archaïques, typiques d’Homo erectus, et de traits plus dérivés, annonçant des formes humaines plus modernes. Cette découverte majeure fait l’objet d’une étude publiée le 7 janvier 2026 dans la prestigieuse revue Nature.

Les travaux ont été menés dans le cadre d’une collaboration institutionnelle entre l’Institut national des sciences de l’archéologie et du patrimoine (INSAP), le département marocain de la Culture, et le ministère français de l’Europe et des Affaires étrangères, à travers la mission archéologique française «Casablanca». L’étude est co-dirigée par Abderrahim Mohib (INSAP), Rosalia Gallotti (Université Paul-Valéry Montpellier 3 & LabEx Archimède) et Camille Daujeard (Muséum national d’Histoire naturelle/CNRS–HNHP).

L’analyse magnétostratigraphique, d’une précision inédite pour un site ayant livré des restes d’hominines, a permis de dater ces fossiles avec une fiabilité exceptionnelle. Les sédiments constituant le remplissage de la cavité ont enregistré l’inversion magnétique Matuyama–Brunhes, survenue il y a 773.000 ans, fournissant ainsi l’une des datations les plus robustes jamais obtenues pour des restes humains anciens.

Cet ensemble fossilifère documente des populations humaines encore mal connues, correspondant à une période charnière de l’évolution, située entre les formes anciennes du genre Homo et les lignées plus récentes. Il comble un vide majeur du registre fossile africain à une époque où les données paléogénétiques situent la divergence entre la lignée africaine menant à Homo sapiens et les lignées eurasiatiques à l’origine des Néandertaliens et des Dénisoviens.

Les fossiles mis au jour présentent ainsi une combinaison originale de caractères primitifs et évolués, témoignant de populations humaines proches de cette phase de divergence. Ils confirment l’ancienneté et la profondeur des racines africaines de notre espèce, tout en soulignant le rôle clé de l’Afrique du Nord dans les grandes étapes de l’évolution humaine.

Découverts dans la «Grotte à Hominidés» de la carrière Thomas I, près de Casablanca, ces vestiges apportent un éclairage inédit sur une période fondamentale de l’histoire humaine. Grâce à une datation fondée sur l’enregistrement du champ magnétique terrestre, ils peuvent être replacés avec une grande précision chronologique et contribuent à une meilleure compréhension de l’émergence de la lignée Homo sapiens.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 07/01/2026 à 17h40