Allo Docteur! (EP6) Ramadan: édulcorants naturels ou artificiels, que choisir?

le docteur Karim Ouali. (K.Sabbar/Le360)

Le 01/03/2026 à 17h08

VidéoLa question des édulcorants s’impose comme un sujet central en cette période de jeûne où la consommation de produits sucrés connaît un pic. Faut-il privilégier les alternatives naturelles au sucre ou opter pour des édulcorants de synthèse? Dans ce sixième épisode d’«Allo Docteur !», le docteur Karim Ouali, spécialiste en micronutrition et en médecine intégrative, apporte des éléments de réponse et met en garde contre certaines idées reçues.

D’emblée, le spécialiste insiste sur la nécessité de «faire la différence entre deux catégories: les édulcorants naturels et les édulcorants artificiels». Parmi les premiers, il cite notamment la stévia, la poudre de dattes et le sirop de dattes.

Toutefois, Karim Ouali appelle à la vigilance concernant les produits à base de dattes. «Il faut savoir que certaines variétés de dattes contiennent uniquement du fructose, alors que d’autres renferment du saccharose, c’est-à-dire un mélange de fructose et de glucose», précise-t-il.

Il rappelle à cet égard que les sucres se divisent en deux grandes catégories: «Les sucres simples, comme le glucose, qui est le sucre classique et le fructose, que l’on appelle le sucre des fruits».

Selon le spécialiste, le fructose «n’a pas un pouvoir sucrant très élevé et n’entraîne pas une hausse importante de la glycémie». Il explique que ce sucre est principalement métabolisé par le foie.

Mais cette caractéristique n’est pas sans risque. «C’est le foie qui prend en charge le fructose. En cas de consommation excessive, cela peut provoquer une stéatose, voire évoluer vers une forme de cirrhose», avertit-il.

Le médecin souligne par ailleurs que «les variétés de dattes produites au Maroc ne contiennent que du fructose, à l’exception de la variété “Bouskri”, qui contient du saccharose et qu’il convient d’éviter». Il ajoute que «certaines dattes importées d’Algérie et de Tunisie contiennent également du saccharose», appelant ainsi les consommateurs à vérifier l’origine et la composition des produits.

S’agissant des édulcorants de synthèse, tels que la saccharine ou l’aspartame, le spécialiste se montre catégorique. «Ils sont nocifs», tranche-t-il.

Il avance deux arguments principaux. «Premièrement, ces substances inhibent les mécanismes de régulation de l’appétit au niveau du cerveau», explique-t-il. Deuxièmement, et «c’est le plus dangereux», selon lui, «elles augmentent l’absorption du sucre au niveau intestinal».

Dans ce contexte, Karim Ouali conclut par une recommandation pragmatique: «Il est préférable de consommer une petite quantité de sucre naturel plutôt qu’une grande quantité d’édulcorants artificiels». Un conseil qui prend tout son sens en période de Ramadan, où l’équilibre alimentaire demeure un enjeu majeur pour préserver la santé.

Par Hafida Ouajmane et Khadija Sebbar
Le 01/03/2026 à 17h08