L’annonce par l’Agence nationale du soutien social (ANSS) de l’ouverture de sa première représentation territoriale à El Jadida marque un tournant significatif dans le déploiement du chantier de l’aide sociale directe. Cette initiative, présentée par le gouvernement comme «le passage d’une simple distribution d’allocations financières à une véritable gestion sociale de terrain», place l’efficacité des politiques publiques face à leur premier test territorial: «la capacité à générer un impact concret et durable», écrit Al Ahdath Al Maghribia de ce jeudi 26 février.
Selon le quotidien, cette nouvelle structure se veut un levier pour concrétiser l’ambition de la généralisation de la protection sociale. En conjuguant la puissance de la numérisation avec une intervention territoriale ciblée, il s’agit d’«élever l’aide sociale au rang d’outil de développement intégré». La représentation d’El Jadida est ainsi conçue comme «une expérience pilote visant à renforcer le lien de confiance entre l’administration et les bénéficiaires».
Ses missions seront multiples et essentielles: «informer les citoyens sur les mécanismes des aides sociales directes», mais aussi «expliciter les critères d’éligibilité», «assister les usagers dans le traitement de leurs réclamations et assurer le suivi de leurs dossiers». Ce travail s’effectuera en étroite coordination avec les autorités locales et les services déconcentrés de l’État.
Avec ce déploiement, l’ambition de l’ANSS se veut claire: «réduire les disparités spatiales dans l’accès aux services sociaux, en particulier au profit des zones les plus vulnérables ou isolées». Cette démarche de proximité répond donc aux récurrentes préconisations des instances de contrôle nationales, au premier rang desquelles la Cour des comptes, signale le quotidien. Dans son dernier rapport annuel consacré à la gouvernance du système de ciblage social, cette juridiction financière avait en effet souligné «l’impératif de renforcer l’équité territoriale dans l’accès aux programmes d’aides». Elle avait insisté sur la nécessité de «rapprocher physiquement les services sociaux des citoyens, particulièrement dans les zones fragiles ou confrontées à une fracture numérique». La Cour des comptes avait appelé à «dépasser une approche trop centralisée» pour adopter «un modèle d’administration sociale présent sur le terrain», condition sine qua non pour «accompagner directement les familles», «affiner la qualité du ciblage» et «prévenir les risques d’exclusion liés à des facteurs géographiques ou numériques».
Parmi ses recommandations, figurait aussi l’instauration d’un système d’aides intégrées, fondé sur «un suivi continu de l’évolution de la situation des bénéficiaires», écrit Al Ahdath Al Maghribia. Objectif: créer «un pont entre les transferts monétaires et les véritables parcours d’intégration sociale et économique». Selon le quotidien, en s’inscrivant dans cette orientation, la nouvelle représentation territoriale de l’ANSS à El Jadida «ne se limite pas à une simple extension administrative, et constitue le laboratoire d’une nouvelle génération de politiques sociales où l’efficacité se mesure à l’aune de l’impact réel sur les conditions de vie des populations ciblées».








