Le dossier de la villa Dar Al-Stouki emporte désormais ses premières conséquences administratives majeures. Selon des sources sûres, le ministre de l’Intérieur a prononcé, cet après-midi, la révocation définitive du pacha du Maârif, qui exerçait également les fonctions de chef du troisième district urbain, ainsi que du caïd de l’annexe administrative d’Anoual. Les deux agents d’autorité étaient visés par la procédure ouverte après la destruction controversée de cette demeure patrimoniale située rue Salim Cherkaoui, dans le quartier des Hôpitaux, à Casablanca.
Cette sanction formelle intervient deux semaines après leur suspension provisoire, décidée à la mi-mars par le ministère de l’Intérieur. Durant cette période, les deux responsables avaient été réaffectés à la préfecture d’Anfa, pendant que l’enquête administrative suivait son cours. Un intérim avait alors été mis en place dans l’attente des conclusions du dossier. Les deux hommes avaient été convoqués à la préfecture de Casablanca, où ils ont été entendus par la police. Leur éviction est désormais actée dans une affaire devenue emblématique des défaillances de protection du patrimoine urbain casablancais.
Construite en 1932, la villa Dar Al-Stouki était répertoriée dans le patrimoine architectural de la ville. Elle avait été acquise en 2025 par la société SOHABITAT MAROC, dont l’actionnaire principal est le président d’arrondissement de la commune rurale de Jabria, dans la province de Sidi Bennour, comme le révélait Le360 dans un précédent article. Enregistré sous le titre foncier n° 10645/C, le bien comprenait un bâtiment d’un étage, des dépendances et une cour.
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Au troisième trimestre 2025, la société avait déposé une demande d’autorisation pour construire un immeuble R+9 à la place de la villa. Pour étayer son dossier, elle invoquait la vétusté du bâtiment et un risque d’effondrement. La demande a toutefois été rejetée par l’Agence urbaine, le 14 novembre 2025, puis par l’arrondissement de Maârif, le 21 novembre 2025, précisément en raison de la valeur patrimoniale de l’édifice. Une autorisation de confortement avait alors été délivrée.
SOHABITAT MAROC avait réussi à contourner cette décision, forcé les locataires à quitter les lieux, puis ouvert la voie à la destruction de la villa. La révocation du pacha du Maârif et du caïd d’Anoual referme l’enquête administrative pour les deux intéressés, sans préjuger d’éventuelles suites judiciaires que le ministère de l’Intérieur pourrait engager à l’issue de l’enquête préliminaire toujours en cours sur SOHABITAT MAROC et ses complices.




