Les éléments de la gendarmerie royale de Marrakech se sont heurtés à l’impossibilité d’auditionner un caïd en fonction après que ce dernier s’est soustrait à une interpellation en flagrant délit d’adultère. Les gendarmes avaient encerclé, il y a quatre jours, un appartement situé au deuxième étage d’une résidence de la région de Targa, agissant sur la foi d’une plainte déposée par son épouse pour infidélité conjugale.
«Les procédures judiciaires demeuraient ouvertes ce mardi 27 janvier au soir, sous l’égide du parquet, à la suite de l’audition des différentes parties impliquées», rapporte Assabah dans son édition du mercredi 28 janvier. Ont ainsi été entendues l’épouse du caïd, sa maîtresse, ainsi que deux employées de maison originaires d’Afrique subsaharienne et plusieurs résidents témoins de la scène. Si l’opération a été formellement levée, le principal concerné reste introuvable. Il a néanmoins fait parvenir à son administration un certificat médical pour justifier son absence, selon des sources informées.
Ces mêmes sources indiquent que l’intéressé tenterait de mettre à profit ce répit pour négocier une réconciliation avec son épouse, dans le but ultime d’obtenir le retrait de sa plainte. Les investigations révèlent un scénario digne d’un film. Alerté par des coups frappés à la porte de l’appartement où il se trouvait, le caïd, comprenant la présence du service judiciaire de la gendarmerie, aurait paniqué. Dans un geste désespéré, il se serait alors échappé par la fenêtre, atterrissant sur le balcon de l’étage inférieur avant de prendre la fuite au volant de son véhicule.
Cette intervention faisait suite à une longue surveillance menée par l’épouse, dont les soupçons d’infidélité se sont progressivement confirmés. Après avoir repéré les fréquentes visites de son mari à cette résidence, elle décida de le prendre au piège. L’ayant suivi et s’étant assurée de sa présence dans l’appartement pour la nuit, elle s’est immédiatement rendue au siège de la gendarmerie pour réclamer son interpellation.
«Contraints par le cadre légal qui interdit les interventions domiciliaires entre 21 heures et 6 heures du matin, les enquêteurs ont dû patienter avant d’agir», note Assabah. Ce délai, bien que respectueux de la loi, a sans doute offert au caïd la possibilité de préparer son évasion spectaculaire, déclenchée dès les premiers coups frappés à la porte.








