Adouls: un nouveau mouvement de grève annoncé

Un adoul.

Opposés à la version actuelle du projet de loi régissant leur profession, les adouls annoncent un nouveau mouvement de grève nationale. L’Ordre national appelle l’Exécutif à suspendre le processus législatif et à engager un dialogue afin de parvenir à un consensus sur la réforme du cadre juridique de la profession.

Le 12/03/2026 à 16h30

L’Ordre national des adouls a annoncé, ce jeudi, l’observation d’un nouveau mouvement de grève pour protester contre le projet de loi relatif à l’organisation de la profession. Dans ce cadre, les adouls prévoient un arrêt total des prestations liées à leurs missions sur l’ensemble du territoire national, du 18 mars au 5 avril 2026.

Dans un communiqué, l’Ordre exprime son mécontentement face à ce qu’il qualifie de manque de réponse des pouvoirs publics à ses revendications. L’instance professionnelle regrette notamment l’absence de réaction du Chef du gouvernement à ses doléances, lesquelles auraient également été rejetées par le ministère de la Justice.

Les adouls réitèrent ainsi leur opposition à l’adoption, par la Chambre des conseillers, du projet de loi dans sa version actuelle. Selon eux, le texte ne répond pas aux attentes de la profession et ne prend pas suffisamment en considération les spécificités de cette fonction juridique traditionnelle, qui joue un rôle central dans l’authentification des actes et la sécurisation des transactions civiles.

L’Ordre national des adouls appelle par conséquent à la suspension du processus législatif jusqu’à l’ouverture d’un dialogue «sérieux et responsable» avec l’Exécutif. L’objectif, précise l’instance, est de parvenir à un consensus permettant à la fois la modernisation du cadre juridique de la profession et la préservation de ses prérogatives historiques.

Parmi les principaux points de crispation figure l’absence, dans le projet de loi, d’un mécanisme institutionnalisé de dépôt et de gestion des fonds liés aux transactions réalisées par les adouls, comparable aux dispositifs existants pour les professions juridiques réglementées telles que les notaires ou les avocats.

La question de la dénomination officielle de la profession constitue également un sujet de discorde. Les adouls plaident pour l’adoption d’une appellation combinée, «notariat-adoul», estimant que cette désignation refléterait davantage la nature authentificatrice et quasi notariale de leurs attributions.

Le concours d’accès à la profession suscite par ailleurs des réserves au sein de la corporation. Selon Souleimane Adkhoul, les modalités actuellement prévues imposent aux candidats de maîtriser neuf spécialités distinctes, soit neuf matières d’examen, un dispositif jugé particulièrement contraignant par les représentants de la profession.

Par Mohamed Chakir Alaoui
Le 12/03/2026 à 16h30