Traite des êtres humains: le Maroc intègre le programme "Flyway" d'Interpol

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Illustration. . mohamed Elkho-Le360

Revue de presseKiosque360. Le Maroc a récemment intégré le programme "Flyway" d'Interpol. Il peut donc, désormais, accéder à une riche base de données sécurisée. Il peut également participer aux opérations de lutte contre le trafic des êtres humains menées par Interpol.

Le 19/09/2018 à 18h35

Le Maroc vient d’intégrer le projet «Flyway» développé par Interpol pour lutter contre le trafic des êtres humains. Désormais, le royaume peut ainsi accéder à une base de données sécurisée appartenant à cet organisme, et donc à un nombre incalculable de fichiers pour faire face aux réseaux de traite d’êtres humains, rapporte le quotidien Al Massae dans son numéro du jeudi 20 septembre. 

De plus, indique le journal, les services de sécurité marocains peuvent également, désormais, pister les titres de voyages volés ou perdus et accéder aux documents relatifs aux manœuvres opérationnelles destinées à faire face à ce phénomène qui ne cesse de se développer, notamment dans la région du Sahel et de l’Afrique du Nord en général. 

D’après les informations auxquelles a pu accéder le quotidien, ce projet a pour objectif de «renforcer les compétences des services chargés de l’application de la loi, afin de les doter de capacités durables pour gérer des affaires de traite d’êtres humains et de trafic de migrants et enquêter à leur sujet». Le projet, relève Al Massae, est au cœur de la stratégie d’Interpol en matière de protection des groupes vulnérables.

En outre, toujours selon quotidien, le projet aide les pays membres à protéger les groupes vulnérables en Afrique du Nord et au Sahel grâce au renforcement des capacités, au soutien opérationnel et à la consolidation des plateformes mondiales de partage d’informations.

Le projet «Flyway», souligne le journal, a également pour but d’aider les policiers de terrain à améliorer leurs compétences, notamment en techniques spécialisées d’audition des victimes et d’interrogatoire des auteurs d’infractions, ainsi qu'en techniques d’enquête. L’accès à son système de communication sécurisé, mis en place dans les zones opérationnelles, permet à la police d’interroger en temps réel les bases de données sur la criminalité au niveau mondial et d'accéder à des millions d’enregistrements.

D’après Al Massae, l’existence de ce projet a été rendue publique à l’occasion du démantèlement, il y a quelques jours, d’un réseau de trafic d'êtres humains au Soudan. L’opération, menée sous la coordination d’Interpol, a mobilisé 200 agents soudanais qui ont secouru 94 personnes, dont 85 mineurs, victimes de réseaux criminels impliqués dans des affaires d’immigration illégale, d’exploitation d’enfants et de mendicité forcée. Ces agents représentaient des entités nationales telles que la police judiciaire, les services de l’immigration, les services de lutte contre la traite des êtres humains et l’unité chargée de la protection des enfants.

Par ailleurs, conclut le journal, selon des informations communiquées par le ministère de l’Intérieur marocain, le trafic des êtres humains est de plus en plus répandu dans la région sahélo-saharienne. Il génère des revenus dépassant les 175 millions de dollars par an pour les réseaux qui s’adonnent à cette activité criminelle. 

Par Amyne Asmlal
Le 19/09/2018 à 18h35