Sahara marocain: «La position de la Suède traduit la nouvelle approche des pays nordiques», selon un politologue

Issat Bousselhame (Y.Mennan/Le360).

Le 21/01/2026 à 15h41

VidéoLe 19 janvier, la Suède a officiellement affiché son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie, à l’issue d’un échange entre les chefs de la diplomatie des deux pays. Pour les observateurs, ce repositionnement scandinave, en phase avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité, consacre le plan marocain comme cadre de référence central et confirme l’accélération d’une dynamique diplomatique qui isole davantage les thèses séparatistes sur la scène internationale.

Le 19 janvier marque un tournant significatif dans les relations entre le Maroc et les pays nordiques. À l’issue d’un entretien téléphonique entre Nasser Bourita et son homologue suédoise, Maria Malmer Stenergard, Stockholm a officiellement exprimé son soutien à l’initiative marocaine d’autonomie. Pour Issat Bousselhame, chercheur en études politiques et internationales, cette annonce traduit une «nouvelle grammaire diplomatique» chez les puissances scandinaves.

Ce repositionnement stratégique s’inscrit en droite ligne avec la résolution 2797 du Conseil de sécurité de l’ONU. Selon l’expert interrogé par Le360, cette adhésion de la Suède doit être analysée au prisme des avancées majeures réalisées sur le dossier de l’intégrité territoriale du Royaume. «Depuis l’adoption de la résolution 2797, l’initiative d’autonomie s’est imposée comme l’unique cadre de référence crédible pour clore définitivement ce différend régional», souligne-t-il.

Issat Bousselhame rappelle que la décision de Stockholm fait écho à celle d’Oslo, s’inscrivant dans une vague de retraits de reconnaissance de la «république fictive». En adoptant le plan d’autonomie comme «socle incontournable» du processus politique, les pays d’Europe du Nord manifestent une compréhension fine des réalités géopolitiques du Sahara marocain.

L’accélération de ces ralliements diplomatiques n’est pas fortuite. Elle fait suite à la reconnaissance historique de la souveraineté du Maroc par les États-Unis, suivie par des puissances européennes de premier plan telles que la France, l’Espagne et l’Allemagne. En clarifiant sa position, la Suède rejoint ainsi l’écrasante majorité des membres de l’Union européenne et plus des deux tiers des États membres des Nations Unies.

Pour le chercheur, nous sommes entrés dans la phase de «rupture» prônée par Sa Majesté le roi Mohammed VI: le passage d’une diplomatie de gestion à une diplomatie de changement. «La résolution 2797 constitue un pivot historique. Il appartient désormais aux autres parties de s’engager de bonne foi dans cette voie pour aboutir à une solution politique basée sur l’autonomie sous souveraineté marocaine», conclut-il.

Adoptée le 31 octobre 2025, la résolution 2797 consacre en effet le caractère pragmatique et réalisable du plan marocain, isolant davantage les thèses séparatistes au profit d’une stabilité régionale durable.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mennan
Le 21/01/2026 à 15h41