Anouar Malek: «le régime algérien a échoué face au Maroc»

Le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, et le chef de la junte algérienne Saïd Chengriha, au cours d'un exercice militaire à la frontière avec le Maroc.

Revue de presseL’exilé et opposant Anouar Malek, ancien officier de l’armée algérienne, porte un jugement sans appel sur le régime de son pays. Selon lui, le système militaro-politique algérien a échoué sur toute la ligne, y compris dans son entreprise de diabolisation systématique du Maroc. Il rappelle à cet égard la constance de la monarchie marocaine qui, par la voix de ses Rois, n’a eu de cesse de tendre la main à l’Algérie. Une main qui, avec obstination, est restée tendue vers une poigne fermée. Cet article est une revue de presse tirée d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 02/03/2026 à 17h52

L’ex-officier algérien Anouar Malek souligne un paradoxe frappant au sein de la junte d’Alger: la conviction profonde que l’ordre géopolitique mondial interdit l’émergence d’un sixième État dans la région du Maghreb. Et pour cause, la communauté internationale n’accepterait aucun bouleversement des cartes géographiques, géopolitiques ou géostratégiques. Pourtant, c’est bien de l’intérieur que le système vacille, a affirmé Malek dans un entretien qu’il a accordé à Al Ahdath Al Maghribia de ce mardi 3 mars. La preuve en est, a-t-il dit, cette faillite morale et structurelle qui voit des généraux, piliers du régime, finir derrière les barreaux ou contraints de fuir le pays.

Pour Anouar Malek, l’horizon pourrait changer radicalement si de véritables institutions venaient à émerger des ruines du système actuel. «Le premier dirigeant issu d’une transition authentique», a-t-il estimé, «mettra un terme au conflit du Sahara et rouvrira les frontières avec le Maroc». Dans l’immédiat, il considère le départ des hommes forts du moment, le général Saïd Chengriha et le président Abdelmadjid Tebboune, comme une nécessité. Ce n’est qu’à cette condition que pourraient émerger des personnalités politiques tenant un discours débarrassé de l’hostilité viscérale envers le voisin marocain. «Notre hostilité envers le Maroc nous a apporté tous les malheurs», a-t-il admis, illustrant son propos par l’isolement diplomatique, régional et sécuritaire dans lequel l’Algérie se trouve aujourd’hui confinée.

Abordant la question de l’opposition, l’ancien officier ne mâche pas ses mots, constatant avec amertume sa propre faillite, parallèle à celle du régime qu’elle combat. Il revient sur le souffle du Hirak populaire, où des millions d’Algériens ont inondé les rues. «Je les avais appelés à se structurer dans un cadre politique défini, avec un programme capable de convaincre la rue», se souvient-il. Hélas, ajoute-t-il avec regret, cet appel est resté lettre morte.

Beaucoup ont cru, naïvement, que leur influence sur les réseaux sociaux, forte d’un million de «followers» chacun, suffirait à mobiliser autant de citoyens dans la réalité. Aujourd’hui, alors que le régime est affaibli, Malek exhorte l’opposition à surmonter ses divisions et à adhérer à une initiative collective, seul moyen, selon lui, de présenter un plan de travail crédible aux Algériens.

Enfin, s’adressant à la diaspora, Anouar Malek lance un appel vibrant à ses compatriotes de l’étranger: apporter leur soutien au peuple algérien pour l’aider à se libérer du joug de ce régime militaire. Il dresse le portrait d’un État policier où la liberté d’expression est un lointain souvenir, relaie Al Ahdath Al Maghribia. «Nous en sommes au point, a-t-il déploré, où une simple publication sur les réseaux sociaux exprimant une insatisfaction envers un marchand de gâteaux peut vous valoir une accusation de terrorisme et d’être un agent du «Makhzen marocain». Une dérive sécuritaire absurde qui, a-t-il conclu, en dit long sur la déliquescence d’un système à bout de souffle.

Par Hassan Benadad
Le 02/03/2026 à 17h52