Parquet général et magistrature, un vrai casse-tête pour le PJD

Abdellah Bouanou, maire de Meknès. . DR

Revue de presseKiosque360. Abdelilah Bouanou n’y va pas par quatre chemins. Pour le président du groupe parlementaire du PJD, certains magistrats jouent en eaux troubles en pactisant avec un acteur politique de l’opposition. Ce qui fait peser un risque non négligeable, selon lui, sur les prochaines élections.

Le 24/07/2015 à 21h58

La majorité parlementaire a émis des critiques à l’encontre du Club des Magistrats du Maroc, l’accusant de pactiser avec un acteur politique de l’opposition. C’est ce que rapporte Akhbar Al Yaoum dans sa livraison du week-end. Pour la majorité, cette «relation douteuse» pourrait avoir une mauvaise influence sur les prochaines élections. Le quotidien souligne que cette accusation intervient après l’échec du parlement à faire passer deux lois organiques fixant les statuts des magistrats et du conseil supérieur de la magistrature.

Lors d’une conférence de presse organisée vendredi par les équipes parlementaires de la majorité, Abdellah Bouanou, président du groupe parlementaire du PJD, s’est dit «inquiet» et a mis en garde contre les effets d’une éventuelle connivence. «Nous avons confiance dans les garanties fournies par le roi et le Chef du gouvernement. Mais ce qui se passe aujourd’hui n’augure rien de bon», a-t-il déclaré.

Règlements de comptes

Le parlementaire va plus loin en émettant des doutes sur l’utilité de garantir au parquet général une totale indépendance. «Qui en est le réel bénéficiaire ? Et pourquoi insister autant sur cette indépendance ?», a lancé Bouanou. Pour le président du groupe parlementaire du PJD, ses opposants veulent reprendre le contrôle afin de reproduire les épisodes de règlements de comptes à l’encontre de candidats aux élections ou des membres des bureaux politiques gênants. Le scrutin universel n’est pas visé par les propos de Bouanou. «Cependant, ce qui se passe est un signe avant-coureur de la situation qu’ils veulent établir. Ce qu’ils veulent c’est pouvoir dire et faire ce qui leur plaît» , a-t-il avancé.

Pour Abdelilah Bouanou, le point de presse était aussi l’occasion de rappeler le long conflit qui a opposé pendant plusieurs mois la Commission de l’intérieur à celle de justice, de législation et des droits de l’Homme à la Chambre des représentants au sujet du Code électoral. Il a également rappelé que les équipes de l’opposition se sont retirées de la Commission de l’intérieur, le 9 mars dernier, sans aller jusqu’au bout des négociations. Il a enfin proposé de comparer l’agenda des amendements proposés par l’opposition à celui des amendements proposés par les magistrats.

Bouanou a également attaqué avec virulence le dernier communiqué du Club des magistrats. Dans ce document, le Club accusait le PJD d’avoir attendu délibérément l’approche de l’échéance électorale pour essayer de faire passer le projet de loi sur les statuts des magistrats, dans des conditions d’urgence suspicieuses.

Par Abdelhafid Lagzouli
Le 24/07/2015 à 21h58