Parlement: une médiation entre les avocats et le ministre de la Justice paralysée par des querelles de procédure et des luttes d’influence

Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice, lors d'une séance des questions orales à la Chambre des représentants.

Revue de presseUne initiative parlementaire visant à apaiser les tensions entre Abdellatif Ouahbi, ministre de la Justice et l’Ordre des avocats, se heurte à des rigidités formelles. Alors que le fond du désaccord semble surmontable, la question du lieu de la réunion et d’éventuels calculs politiques menacent l’issue de la conciliation. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Ahdath Al Maghribia.

Le 10/02/2026 à 18h03

La médiation parlementaire entre l’Association des barreaux du Maroc et le ministre de la Justice, Abdellatif Ouahbi, concernant le projet de loi régissant la profession, rencontre des écueils inattendus, principalement d’ordre procédural. Un élu n’hésite pas à qualifier ces blocages de «formels».

Pour rappel, cette médiation, acceptée en principe par les deux parties, a été conditionnée par deux parlementaires, issus de la majorité et de l’opposition, à sa tenue stricte au siège du Parlement.

Ces derniers se sont fermement opposés à tout déplacement des membres de la Chambre des représentants en dehors de l’enceinte législative, relaie Al Ahdath Al Maghribia de ce mercredi 11 février. Des négociations sont dès lors en cours pour convaincre les élus réticents que l’essentiel réside non dans le choix du lieu, mais dans la résolution des divergences et l’aboutissement à un texte consensuel entre le gouvernement et les avocats.

En filigrane de ce débat protocolaire, une source parlementaire évoque une lutte discrète au sein de la Chambre des représentants, certaines composantes cherchant à instrumentaliser cette initiative à des fins politiques, et ce après l’accord donné par l’Ordre des avocats pour rencontrer le ministre. En gage de leur bonne volonté, les initiateurs de la médiation se sont dits prêts à renoncer à superviser directement l’organisation des débats, sans que cette concession ne débloque la situation pour l’instant.

Si le ministre de la Justice avait d’emblée accepté, voire insisté, pour que cette conciliation soit pilotée par le Parlement, le président de l’Association des barreaux du Maroc (ABAM), El Houssine Ziani, avait initialement hésité, avant de donner son accord sans conditions.

La même source indique que les premiers contacts avec les avocats ont révélé que «la confrontation entre les avocats et le ministre de la Justice est en grande partie formelle», chacune des parties renvoyant à l’autre la responsabilité des provocations, note Al Ahdath Al Maghribia. L’analyse qui prévaut est que les points de désaccord substantiels peuvent être résolus, que ce soit avant ou après la soumission officielle du projet au Parlement, d’autant que le texte, qui n’a pas encore quitté le Secrétariat général du gouvernement, pourrait techniquement être amendé sans que l’exécutif n’ait à procéder à son retrait définitif.

Par Hassan Benadad
Le 10/02/2026 à 18h03