Parlement: ces «mercenaires de l’action parlementaire» qui font chanter des ministres

La ministre de l'Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, répondant à une question orale à la Chambre des représentants, le 10 janvier 2022, à Rabat. 

La ministre de l'Economie et des Finances, Nadia Fettah Alaoui, répondant à une question orale à la Chambre des représentants, le 10 janvier 2022, à Rabat.  . MAP

Revue de presseKiosque360. Certains parlementaires mettent à profit les questions écrites et orales au Parlement pour exercer des pressions, voire faire chanter les ministres à des fins personnelles. Les détails dans cette revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 06/05/2022 à 19h45

Les questions écrites et orales, permettant aux députés et aux conseillers d’interpeller les membres du gouvernement sur des points précis, d’obtenir des éclaircissements sur des aspects particuliers de la législation en cours ou des informations sur un volet de l’action gouvernementale, sont désormais instrumentalisées par certains parlementaires à des fins personnelles. Ces derniers prennent ainsi en otage des ministres et «les font chanter afin d’obtenir des privilèges». De même, certains exploitent les séances dédiées aux questions orales pour régler leurs comptes, rapporte le quotidien Assabah dans son édition du week-end des 7 et 8 mai.

Le phénomène, fait remarquer le quotidien, a transformé l’institution législative en «un espace exploité par les mercenaires de l’action parlementaire pour arracher plus de privilèges». Dans ce sillage, le quotidien évoque le cas d’«un parlementaire qui a menacé un directeur d’Al Omrane de mettre à nu les dysfonctionnements, qui seraient fictifs, de son établissement via des questions écrites et orales au Parlement».

Ce parlementaire a fait planer la menace de ces questions car le directeur en question n’avait pas cédé à ses caprices. Des députés, poursuit le quotidien, «étaient réputés pour cette pratique pendant la précédente législation et récidivent pendant ce mandat sous une nouvelle couleur politique et d’une nouvelle manière pour mieux se servir en matière de rente». Ce faisant, ajoute le quotidien, le Parlement, qui exerce le pouvoir législatif, vote les lois, contrôle l'action du gouvernement et évalue les politiques publiques, serait instrumentalisé par ces députés à des fins personnelles.

Ce qui vide de son sens l’article 100 de la Constitution de juillet 2011, qui stipule: «Une séance par semaine est réservée dans chaque Chambre par priorité aux questions des membres de celle-ci et aux réponses du gouvernement. Le gouvernement doit donner sa réponse dans les vingt jours suivant la date à laquelle il a été saisi de la question. Les réponses aux questions de politique générale sont données par le chef du gouvernement. Une séance par mois est réservée à ces questions et les réponses y afférentes sont présentées devant la Chambre concernée dans les trente jours suivant la date de leur transmission au chef du gouvernement».

Par Mohamed Younsi
Le 06/05/2022 à 19h45