Maroc 2025: capitalisation diplomatique

Mustapha Sehimi.

Mustapha Sehimi.

Chronique2025 s’impose comme un millésime d’exception pour la diplomatie marocaine. Les avancées engrangées au cours de l’année consacrent les fruits d’une trajectoire patiemment construite, portée par un leadership royal affirmé et une vision stratégique de long terme. Entre consolidation des alliances, crédibilité renforcée et reconnaissance internationale accrue, le Royaume récolte aujourd’hui les dividendes d’une marche diplomatique résolue et cohérente.

Le 01/01/2026 à 16h04

S’il fallait retenir un acte diplomatique majeur illustrant les acquis du Royaume au cours de l’année écoulée, ce serait sans conteste la résolution 2797 du Conseil de sécurité des Nations unies, adoptée le 31 octobre 2025 sur la question du Sahara marocain. Celle-ci consacre pleinement l’initiative marocaine d’autonomie, présentée le 11 avril 2007, comme la seule base sérieuse et crédible pour une solution politique. L’autonomie s’y inscrit explicitement dans le cadre de la souveraineté nationale.

Cette évolution marque un tournant. Elle rompt avec des décennies d’ambiguïtés et de faux débats, longtemps entretenus par le voisin de l’Est et ses relais. Le Conseil de sécurité replace désormais la question dans des termes clairs: la communauté internationale n’entend plus s’éterniser dans les postures ni cautionner des logiques de blocage devenues anachroniques.

Quant au principe d’autodétermination, si souvent brandi par les voix hostiles au Maroc, il n’a jamais été contesté par le Royaume — mais il s’exerce dans le cadre de l’intégrité territoriale. La pratique internationale en témoigne: Catalogne et Pays basque en Espagne, Tyrol du Sud en Italie, îles Åland en Finlande, Kurdistan irakien, ou encore arrangements institutionnels au Mali et en Indonésie… Partout, l’autonomie interne constitue une réponse politique durable, encadrée par le droit international.

«2026 s’ouvre sous des auspices favorables. La diplomatie marocaine poursuivra le renforcement du consensus international autour de l’initiative d’autonomie.»

—  Mustapha Sehimi

Celui-ci ne consacre pas un droit automatique à la sécession. Il privilégie la stabilisation des États et la préservation de leur unité, conformément à la Charte des Nations unies et aux Pactes internationaux de 1966. L’intégrité territoriale, principe de jus cogens, est réaffirmée dans plusieurs résolutions fondatrices (1514, 2625, 3314). L’autonomie y apparaît comme un mécanisme de gouvernance, non comme un instrument de fragmentation.

Dans cette perspective, l’année 2026 s’ouvre sous des auspices favorables. La diplomatie marocaine poursuivra le renforcement du consensus international autour de l’initiative d’autonomie. Dans une récente déclaration, le ministre des Affaires étrangères a rappelé que la résolution 2797 acte la sortie définitive de l’option du référendum — irréaliste et inapplicable — et confirme la consolidation, au fil des années, du plan marocain comme cadre de référence soutenu par un nombre croissant d’États.

Rien de fortuit dans cette trajectoire: elle résulte d’une stratégie patiente, d’une vision royale constante et d’une méthodologie d’accumulation diplomatique inscrite dans la durée. «Hier, l’autonomie était une option; aujourd’hui, elle est la solution», résume Nasser Bourita.

Reste désormais à réactiver le processus négociatoire avec la partie directement concernée: l’Algérie. Malgré sa participation aux tables rondes de Genève en 2018 et 2019, celle-ci s’est depuis retirée du format, et s’est même abstenue lors des votes des résolutions 2754 et 2797 durant son mandat au Conseil de sécurité. Un paradoxe pour un pays qui revendique publiquement l’attachement aux décisions onusiennes.

Les prochaines semaines seront, à cet égard, déterminantes. Sous l’égide de l’Envoyé personnel du Secrétaire général, Staffan de Mistura, la relance du processus permettra de révéler les positions réelles des acteurs. Un véritable test de crédibilité diplomatique.

Par Mustapha Sehimi
Le 01/01/2026 à 16h04