Mustapha Sehimi

La chronique de Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi est un auteur et universitaire marocain. Professeur de droit et politologue, il a fait ses études de Sciences Politiques en France (licence en droit à Paris I| 3ème cycle de la FNSP)| et au Maroc (docteur d'Etat en droit à Rabat). Il est l’un des observateurs et des analystes les plus avertis de la scène politique au Maroc et des enjeux régionaux.

France-Maroc: autour du traité de l’amitié
Dans le débat diplomatique, l’idée d’un traité d’amitié entre la France et le Maroc est revenue sur le devant de la scène à la faveur du rapprochement engagé en 2024, notamment après la reconnaissance par Paris de la pleine souveraineté du Royaume sur ses provinces sahariennes recouvrées.
Russie: une idéologie poutinienne
L’originalité de Vladimir Poutine et de son cercle rapproché réside précisément dans la construction d’un «poutinisme collectif». Celui-ci repose sur la souveraineté, la démocratie souveraine, l’aura du Kremlin, la grandeur de la Russie, la russité, le conservatisme, les valeurs traditionnelles, l’eurasisme, le monde russe, l’héritage byzantin ainsi que le souvenir de la Grande Guerre patriotique. Autant de références destinées à imprégner chaque recoin de la conscience collective.
L’islam des Lumières en débat
La notion a été forgée en 2004 par l’anthropologue algérien Malek Chebel. Reprise par Emmanuel Macron en 2020, elle charrie avec elle l’implication que seul un islam qui s’occidentaliserait serait compatible avec la modernité.
Recomposition de l’ordre du Golfe: le piège de puissance
La crise irano-américaine de 2026 est moins une surprise stratégique qu’une illustration de ce que certains analystes qualifient de «piège de puissance», dans le prolongement des réflexions de Paul Kennedy sur les limites de la puissance et le coût des engagements extérieurs.
La puissance dans tous ses états
Assurément, le concept de «puissance» est devenu central dans les relations internationales contemporaines, à travers notamment les notions de soft power, hard power et smart power.
Iran: de la puissance par procuration à la fragilité stratégique
L’une des tendances les plus troublantes dans l’analyse des conflits contemporains réside dans cette confusion persistante entre survie et victoire stratégique. L’Iran ne s’est pas effondré du jour au lendemain. Le régime continue de proférer des menaces, de lancer des missiles et des drones, et d’inonder les chaînes de télévision ainsi que les réseaux sociaux d’une rhétorique martiale destinée à projeter une image de force et de résilience.
Iran: pas de boule de cristal, mais…
Les guerres ne se jugent pas comme les débats télévisés. Elles sont évaluées selon les capacités militaires, la résilience économique, la cohésion politique, la liberté d’action, l’influence stratégique et la capacité à maintenir sa puissance tout en affaiblissant celle de l’adversaire.
Sun Tzu et la guerre contre l’Iran
L’identité de Sun Tzu fait débat. La version traditionnelle évoque un général nommé Sun Wu, au service de l’État de Wu à la fin du 6ème siècle avant J.-C., approximativement entre 540 et 496 avant notre ère. Une époque où les guerres étaient d’une ampleur plus limitée, souvent menées par des forces réduites et commandées par une élite, loin des grandes armées permanentes qui s’imposeront par la suite.
Quelles chances pour la paix?
Un calme précaire est revenu au Liban. Une forme d’espoir renaît - malgré un cinquième de la population déplacée, des milliers de morts, des destructions considérables et l’extraordinaire fragilité de la trêve en cours. Cette trêve a été imposée par les États-Unis à Israël le 17 avril. L’intervention américaine surprend a priori puisque depuis quelques mois, plus personne à Washington, c’est- à-dire dans l’entourage de Trump, ne s’occupait de ce dossier. Israël paraissait avoir carte blanche.
Code pénal: une réforme mort-née
Une grande réforme en panne? Le ministre de la Justice vient de doucher les attentes: le nouveau Code pénal ne sera «probablement pas soumis au vote du Parlement durant la présente session de clôture de la législature». Un coup d’arrêt qui semble contaminer la réforme de la Moudawana, sans oublier le dossier épineux des caisses de retraite, lui aussi en souffrance. De l’inachevé donc pour ce gouvernement...