Mustapha Sehimi

La chronique de Mustapha Sehimi

Mustapha Sehimi est un auteur et universitaire marocain. Professeur de droit et politologue, il a fait ses études de Sciences Politiques en France (licence en droit à Paris I| 3ème cycle de la FNSP)| et au Maroc (docteur d'Etat en droit à Rabat). Il est l’un des observateurs et des analystes les plus avertis de la scène politique au Maroc et des enjeux régionaux.

Iran: quelle rationalité stratégique?
Il faut dépasser les lectures occidentalo-centrées de la «question iranienne» pour restituer la rationalité stratégique d’un acteur souvent réduit à une puissance idéologique ou irrationnelle. L’Iran est un acteur central du grand jeu eurasiatique: il combine stratégie de zone grise, guerre hybride, réseaux de proxys et diversification diplomatique vers l’Est. Une résonance particulière au moment où la République islamique traverse l’une des crises les plus profondes de son histoire politique, économique et militaire.
Guerre au Moyen-Orient: quels droits pour les populations déplacées?
Le conflit au Moyen-Orient s’intensifie depuis fin février. Les déplacements massifs de populations se multiplient du Liban à l’Iran en passant par les territoires palestiniens. À l’heure où des centaines de milliers de civils sont contraints de fuir, quelles protections leur offre le droit international?
Iran: quel avenir pour le mouvement démocratique?
Une question revient souvent dans les capitales occidentales: existe-t-il une solution de rechange crédible au régime des mollahs? La réponse est oui. Elle s’articule autour d’un principe clair: il incarne le rejet de toute dictature théocratique, et affirme une orientation fondée sur la liberté, l’indépendance et la souveraineté populaire.
Iran: vers une guerre courte ou un conflit prolongé?
Force est de constater que l’hypothèse d’une nouvelle attaque américaine contre l’Iran, menée avec le soutien d’Israël, ne faisait guère de doute. Le véritable suspense portait plutôt sur son calendrier, son ampleur et ses objectifs stratégiques. Parmi les scénarios envisagés figuraient la destruction des installations nucléaires encore opérationnelles, l’affaiblissement du potentiel militaire iranien — notamment en matière de missiles — ou encore une tentative de changement de régime.
Méditerranée: foyers de tensions persistants
La Méditerranée s’étend sur 4.000 km d’ouest en est. Elle est l’une des zones les plus conflictuelles au monde. La région multiplie en effet les pôles de déstabilisation, secouée par l’implication de nombreuses puissances dans les rivalités régionales.
La militarisation de l’économie: multipolarisme et désoccidentalisation
Entre sanctions et hégémonie monétaire, l’économie mondiale devient un nouveau champ de bataille. Alors que Washington impose sa juridiction au-delà de ses frontières via l’usage du dollar, cette «militarisation» des outils financiers bouleverse la souveraineté des États et les règles du commerce international. Analyse d’un mécanisme qui, des amendes records aux projets de dédollarisation des BRICS+, redessine les équilibres géopolitiques contemporains.
ONU-Sahara marocain: l’Algérie dos au mur
Le processus onusien de recherche d’un plan de règlement du dossier du Sahara marocain est en bonne voie. Un demi-siècle après, il semble bien que la détermination de l’administration Trump finisse par porter ses fruits. Un agenda, un document de travail du Maroc sur la nature et la dimension du projet d’autonomie interne et enfin la participation de… l’Algérie.
Le RNI post-Akhannouch
Une nouvelle séquence s’ouvre donc pour le Rassemblement national des indépendants (RNI), après la décision de son président, Aziz Akhannouch, de ne pas briguer un nouveau mandat. Un retrait aux répercussions multiples: sur la marge de manœuvre du chef du gouvernement à l’approche des législatives de septembre, sur les équilibres de la majorité, et sur l’avenir immédiat du parti, appelé à élire ce samedi 7 février son successeur — le candidat unique Mohamed Chouki.
Le Maroc, membre fondateur du «Conseil de Paix» présidé par Trump
Ce 22 janvier, à Davos, le Maroc a signé la Charte constitutive du «Conseil de Paix», initiative portée et présidée par Donald Trump, dont l’entrée en vigueur a été actée. Seul pays africain à rejoindre ce cercle restreint, le Royaume inscrit ce choix dans le prolongement de sa doctrine diplomatique constante et du leadership de Sa Majesté Mohammed VI, positionnant le Maroc comme acteur de paix et de stabilité.
Akhannouch, le jour d’après…
Il exercera encore son mandat de chef de l’exécutif mais dans des conditions particulières de fragilité et de déficit de légitimité. Comment pourra-t-il porter la bonne parole, défendre la globalité de son bilan et susciter l’adhésion des citoyens? Arrivera-t-il à relancer le dialogue social et finaliser des réformes? Le doute est permis.