Législatives: le ministère de l’Intérieur sort l’artillerie lourde contre les candidats véreux

Le ministère de l’Intérieur, à Rabat.

Revue de presseDans l’objectif d’assainir la vie politique et de garantir la régularité du scrutin législatif prévu le 23 septembre prochain pour l’élection des membres de la Chambre des représentants, les services du ministère de l’Intérieur ont déployé une opération d’envergure: «mains blanches». Celle-ci vise à accroître la surveillance et le suivi de toute personne soupçonnée de malversations et envisageant de se porter candidate. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 12/04/2026 à 18h10

Selon des sources bien informées, une liste noire a été secrètement établie, recensant plusieurs individus désireux de se présenter aux élections législatives. Parmi eux, figurent des parlementaires en exercice, des présidents de conseils communaux ainsi que d’autres élus locaux, tous soupçonnés d’implication dans des affaires de corruption, de trafic de stupéfiants, ou de détention de biens dont l’origine reste indéterminée.

Sur instruction du parquet, les autorités compétentes procèdent, selon des sources interrogées par Al Akhbar de ce lundi 13 avril, à l’interpellation de ces suspects avant même l’ouverture officielle de la campagne électorale. Les services de sécurité ont d’ores et déjà entamé la surveillance des candidats potentiels, conformément aux termes de l’article 62 de la loi organique relative à la Chambre des représentants.

Selon ce texte de loi, «quiconque obtient ou tente d’obtenir le suffrage d’un ou plusieurs électeurs par des dons ou libéralités en argent ou en nature, par des promesses de libéralités, de faveurs d’emplois publics ou privés, ou de tout autre avantage en vue d’influencer leur vote, est puni d’un emprisonnement d’un à cinq ans et d’une amende de 50.000 à 100.000 dirhams». Des peines identiques s’appliquent à ceux qui acceptent ou sollicitent ces dons, ainsi qu’à leurs intermédiaires ou complices.

Par ailleurs, le ministère de l’Intérieur a adressé des instructions fermes aux walis, gouverneurs et autorités locales afin qu’ils veillent aux agissements des candidats déclarés ou potentiels. Les services des affaires intérieures relevant des préfectures ont pour mission de rédiger des rapports détaillés sur chaque candidat, évaluant notamment leur degré de recours aux aides matérielles ou financières pour capter les suffrages des électeurs, relaie Al Akhbar.

Les élus et les présidents de communes qui briguent un mandat législatif sont tout particulièrement surveillés, à propos de l’usage du matériel communal et des chantiers financés par l’argent public, qui pourrait être détourné pour servir à une campagne électorale prématurée.

Par Hassan Benadad
Le 12/04/2026 à 18h10