Le PJD dans la tourmente, à cause de sa communication négative intra-partisane

Abdelilah Benkirane, secrétaire général du Parti de la justice et du développement (PJD, opposition).

Revue de presseLe Parti de la Justice et du développement (PJD, opposition), qui traverse une crise financière, est aujourd’hui tiraillé entre les critiques de ses anciens leaders et les répliques de ceux actuellement aux commandes. Un sinueux virage, à la veille de son congrès national. Une revue de presse d’Assabah.

Le 08/07/2024 à 19h04

Au PJD, tout va de mal en pis, comme en témoignent les nouvelles passes d’armes entre d’anciens leaders de ce parti à obédience islamiste et ses actuels chefs.

Cette forme de communication négative intra-partisane intervient au moment où le parti est secoué par une importante crise financière, aggravée par l’attitude de plusieurs militants, dont d’anciens parlementaires, d’ex-ministres et d’anciens présidents de communes, qui ne versent plus la cotisation qu’ils doivent au parti.

Pire encore, constate Assabah de ce mardi 9 juillet, «certains militants du PJD ont orienté leurs canaux de critiques pour s’attaquer au parti et mettre à nu ses dysfonctionnements».

Devant cette situation, la réponse de l’actuel secrétaire général du parti, Abdelilah Benkirane, ne s’est pas faite attendre: «le parti n’est pas mort et demeure sur la scène pour jouer pleinement son rôle politique et sociétal», a-t-il martelé, soulignant que le PJD «a besoin de tous ses militants qui respectent le processus démocratique qui [l’]a reconduit aux commandes du parti et à son secrétariat général».

D’après certains interlocuteurs avertis qu’Assabah a interrogés, «plusieurs leaders ont expliqué qu’une partie de l’allocution de Benkirane faisait clairement allusion à Mustapha Ramid, qui avait démissionné du parti».

Ancien leader de ce parti désormais dans l’opposition, rappelle le quotidien, il avait indiqué que «le PJD avait infligé une défaite au PJD, laissant entendre que c’est la fin de l’ère du PJD».

En critiquant le fait que «chacun tentait d’imposer son avis aux autres, alors qu’il n’était plus responsable aux instances exécutives du parti», Mustapha Ramid faisait ainsi allusion à Abdelilah Benkirane, quand il critiquait les décisions du PJD alors dirigé par Saâd-Eddine El Othmani, indiquent les sources d’Assabah.

Devant les membres du secrétariat général du parti, et en présence de ceux de sa commission nationale, Abdelilah Benkirane a donc voulu répliquer, et a affirmé que «le PJD s’était rétabli et se préparait sereinement à organiser son congrès national, dont les préparatifs vont bon train, au grand dam de ceux qui tablent sur la mort du parti».

Par Mohamed Younsi
Le 08/07/2024 à 19h04