Fraude et dilapidation de deniers publics à Fès: le maire et onze élus dans de sales draps

Abdeslam Bekkali, maire de Fès.
Abdeslam Bekkali, maire de Fès.

Revue de presseAlors que le Parquet vient de boucler l’interrogatoire de co-accusés de diverses fraudes dans la passation de marchés publics dans la commune urbaine de Fès, onze personnes se sont retrouvées en détention préventive. Abdeslam Bekkali, le maire de la ville, est quant à lui poursuivi en état de liberté provisoire. Leur procès doit débuter le 17 octobre prochain. Une revue de presse d’Al Ahdath Al Maghribia.

Le 08/10/2023 à 20h36

Le procureur général du Roi près la cour d’appel de Fès vient de clore la procédure des interrogatoires préliminaires dans cette affaire, alors que le ministère public a fini d’interroger hier, samedi 7 octobre 2023 en début de soirée, 15 mis en cause dans une affaire de corruption dans la passation de marchés publics dans la commune de Fès.

La procédure avait été entamée le jour même, et d’après Al Ahdath Al Maghribia de ce lundi 9 octobre, douze accusés, dont le troisième vice-président de la commune urbaine de Fès, le député de l’USFP Abdelkader El Boussairi, sont poursuivis en état de détention préventive.

Quant au maire de la ville, Abdeslam Bekkali (RNI), également interrogé par le Parquet, il se retrouve poursuivi en état de liberté provisoire, annonce le quotidien.

Ces accusés, qui sont sous le coup de divers chefs d’accusation, dont celui de «fraude dans l’exécution et la passation de marchés publics et de bons de commande», ont été déférés devant le Parquet, hier, samedi 7 octobre 2023, après avoir été entendus par la brigade chargée des crimes financiers, relevant de la BNPJ.

Après avoir été interrogés en présence de leurs avocats, ces onze individus se sont retrouvés accusés de crimes divers et variés: «détournement et dilapidation de fonds publics», «abus de pouvoir», «faux et usage de faux», «délit d’initié», ou encore «adultère».

Abdeslam Bekkali, le maire de Fès, se retrouve accusé de «non-dénonciation de crimes» dont il a pu avoir connaissance.

Au terme de l’interrogatoire auquel il a été soumis, le maire de Fès a été placé sous le coup de poursuites judiciaires, mais maintenu en liberté, alors que les onze autres co-accusés se sont retrouvés placés sous mandat d’arrêt.

Le secrétaire général de la commune urbaine de Fès, également issu du RNI, ainsi qu’un fonctionnaire des services de la fourrière de la commune et une femme, proche de Abdeslam Bekkali, eux aussi impliqués dans cette affaire, sont poursuivis en état de liberté provisoire.

Le directeur de la fourrière communale, le chef du service des marchés et des travaux, le chef de service des études techniques, le chef de service de l’urbanisme, le chef de service des espaces verts, le chef de division des recettes communales, le chef de service de la légalisation ainsi que plusieurs entrepreneurs ayant frauduleusement bénéficié de marchés publics et de bons de commandes émis par la commune, se sont tous retrouvés en détention préventive.

Les onze accusés ont ainsi été écroués à la prison civile de Fès, et l’affaire se retrouve devant la Chambre criminelle chargé des crimes financiers près la Cour d’appel de la même ville.

La date de l’ouverture du procès est fixée au 17 octobre. L’enquête, rappelle le quotidien, avait débuté mercredi dernier avec l’audition des suspects, dont celle de Abdelkader El Boussairi, parlementaire et troisième vice-président de la mairie, qui fait actuellement, en parallèle, l’objet d’une procédure de destitution entamée auprès du tribunal administratif.

Cette même juridiction, rappelle également le quotidien, s’est déjà prononcée pour l’annulation d’une autorisation signée par le troisième vice-président de la commune urbaine de Fès, qui aurait dû permettre à un entrepreneur local de lancer un projet de construction de terrains de proximité.

Par Amyne Asmlal
Le 08/10/2023 à 20h36