Lors du conseil des ministres tenu jeudi à Rabat, le roi Mohammed VI a acté une stratégie inédite de développement territorial intégré, reposant sur une nouvelle génération de programmes conçus au plus près des réalités locales. Badr Zaher Al Azrak, enseignant en droit des affaires, nous livre son analyse sur cette approche axée sur les besoins des citoyens.
Selon lui, cette stratégie tire son origine des orientations royales, qui préconisent de mettre fin aux disparités régionales, afin d’éviter l’émergence d’«un Maroc à deux vitesses».
Pour l’universitaire, cette démarche repose sur une approche ascendante, où les priorités sont définies en fonction des besoins exprimés, à l’échelle locale, par les citoyennes et citoyens.
Pour atteindre cet objectif, un budget global de 210 milliards de dirhams devrait accompagner cet ambitieux projet.
Selon le chercheur, les diagnostics ont relevé «un développement à deux vitesses et de grandes disparités spatiales qu’il faut réduire par de nouveaux mécanismes, afin d’instaurer une équité dans la répartition des richesses, des infrastructures et des services de base entre les régions». Il estime que l’objectif «est de concrétiser une régionalisation avancée avec des rythmes de progrès convergents».
L’universitaire souligne que le défi majeur ne réside plus dans le financement, mais dans l’efficacité opérationnelle. «C’est désormais aux régions et à l’échelon territorial de planifier leur propre avenir; étant au plus près des besoins réels, ils sont les mieux placés pour valoriser leurs propres ressources», explique-t-il. Pour encadrer cette dynamique, un dispositif de pilotage à trois échelons (local, régional et national) a été instauré. Le pilotage national sera assuré par le chef du gouvernement, entouré des ministères de tutelle, afin de chapeauter la mise en œuvre des orientations spécifiques.
Selon lui, «l’expression des besoins doit venir de la base alors qu’auparavant, le centre planifiait pour la région. Désormais, les territoires planifient selon leur propre vision».
Et de poursuivre que la gestion régionale «ne passera plus par de simples agences ou des structures administratives classiques, mais par des sociétés anonymes. Le but n’étant pas le profit privé au sens étroit, mais la rentabilité du progrès pour la région».
Enfin, le chercheur souligne que cette décentralisation de la planification s’accompagne d’un renforcement du contrôle. Il s’agit d’une première au Maroc puisque, précise-t-il, l’ensemble des actions sera centralisé sur une plateforme unique dotée d’un tableau de bord permettant «un suivi en temps réel, accessible même aux citoyens».




