Créée en 1994, l’Agence de logements et d’équipements militaires (ALEM) a livré environ 80 infrastructures militaires, a géré un parc locatif de plusieurs milliers d’unités, a aidé plus de 52.000 familles à accéder à la propriété et a relogé quelque 12.000 ménages issus de quartiers informels sur terrains militaires. Elle engage aujourd’hui un nouveau programme de construction avec 60.000 logements à produire sur dix ans, peut-on lire dans le dernier numéro de la Revue des FAR.
Depuis 2007, l’ALEM a conduit «plusieurs projets couvrant à la fois des opérations de délocalisation de casernes existantes et la réalisation de nouvelles infrastructures et équipements». Résultat: pas moins de 80 nouvelles infrastructures ont été livrées à ce jour, «comprenant notamment des casernes, des sièges administratifs, des installations socio-administratives, destinés à l’état-major général des Forces armées royales».
Pour la Gendarmerie royale, le volume est tout aussi important. Plus d’une centaine de projets ont été réalisés à ce jour, d’autres sont en cours d’exécution ou en phase d’études. Pour ce faire, l’équipe technique interne de l’Agence pilote et contrôle la conformité des livraisons à des cahiers des charges qui intègrent les impératifs de sécurité, de fonctionnalité et de durabilité propres à chaque type d’installation.
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L’année 2025 a ajouté une nouvelle dimension à ce volet. En application des orientations royales visant l’aménagement de deux zones d’accélération de l’industrie de défense, l’ALEM a co-fondé avec MedZ, filiale de la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), la Société de gestion des zones industrielles de défense, connue sous l’acronyme SGZID.
Cette entité est désormais «chargée de la conception, du développement, de la commercialisation et de la gestion continue des zones industrielles créées à cet effet». Les premiers investisseurs sont attendus dès le premier trimestre 2027, soit moins de deux ans après la création de la société, fait savoir la Revue des FAR.
60.000 logements sur dix ans, une première tranche déjà en chantier
Le catalogue des réalisations de l’ALEM en matière d’accession à la propriété couvre plusieurs villes et plusieurs années: les projets Ghafiqui 1, BQG et Les Rosiers à Rabat; les cinq résidences de Tamesna livrées successivement (Les Oliviers, Les Figuiers, Les Vignes, Les Lauriers Roses et Les Terrasses), qui ont fait de cette ville nouvelle un pôle résidentiel pour le personnel militaire dans la région de Rabat-Salé; Argana à Agadir; les Amandiers à Marrakech; Les Alcées à Kénitra; Azzohour à Beni Mellal; Al Mohit à Larache; Al Amal à Taza; Dahlias à Bouskoura.
L’Agence a parallèlement élaboré un programme de 60.000 unités d’habitation destinées à l’accession à la propriété sur dix ans, conçu à partir d’un recensement exhaustif des besoins exprimés par le personnel des unités et formations des Forces armées royales. Ce recensement a établi une géographie précise de la demande, concentrée dans huit villes classées par ordre décroissant selon le volume des besoins exprimés: Rabat-Salé, Kénitra, Meknès, Marrakech, Tanger, Casablanca, Tétouan et Fès, auxquelles s’ajoutent d’autres agglomérations moins sollicitées, détaille-t-on.
La première tranche, lancée en 2025, porte sur environ 6.000 logements répartis sur une dizaine de sites. Rabat concentre deux opérations distinctes dans les quartiers des Qbibat et de l’Agdal. Casablanca à Aïn Borja, Témara, Mansouria, Marrakech, Agadir, Meknès et Mehdia figurent également dans ce premier déploiement. Laâyoune et Dakhla sont aussi au programme. «Afin d’assurer la réussite de ce programme structurant, l’ALEM prévoit de nouer des partenariats», peut-on encore lire.
Pour rendre ces logements financièrement accessibles, l’Agence s’appuie sur deux leviers. Des conventions de partenariat conclues avec des banques permettent aux bénéficiaires d’accéder à des taux et conditions préférentiels. L’aide frontale de l’État, encadrée par une instruction particulière de 2011 et une note de service de 2019, complète ce dispositif selon un barème progressif.
Pour une acquisition inférieure ou égale à 250.000 dirhams, l’aide représente 20% du prix du bien. Entre 250.000 et 500.000 dirhams, elle est fixée à 15% plafonnée à 75.000 dirhams. Entre 500.000 et 2 millions de dirhams, elle s’établit à 10% plafonnée à 100.000 dirhams.
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Depuis la mise en place du dispositif, près de 52.000 militaires et fonctionnaires de la Défense nationale en ont bénéficié pour une enveloppe globale qui a dépassé deux milliards de dirhams. En 2025 seul, plus de 4.000 dossiers ont été traités.
Un parc locatif de 9.900 unités réalisées et une filiale pour le reliquat
Parallèlement à l’accession à la propriété, l’Agence gère un parc locatif de fonction destiné au personnel en mobilité ou nouvellement affecté. Sur les 15.000 unités locatives lancées, l’ALEM en a réalisé directement près de 9.900. La construction du reliquat a été confiée à sa filiale PATRILOG, qui en a supervisé la réalisation.
L’entretien de ce patrimoine mobilise des équipes techniques spécialisées qui interviennent selon des programmes réguliers couvrant les réseaux d’eau, d’électricité et d’assainissement, ainsi que les travaux de réhabilitation rendus nécessaires par la vétusté de certains bâtiments ou les dégradations causées par les conditions climatiques.
Les réclamations des occupants sont traitées selon une logique d’intervention rapide visant à garantir leur sécurité et leur confort. Sur la base d’un calendrier trimestriel, l’Agence apporte en outre un soutien financier aux comités de gestion des cités militaires pour leur permettre de couvrir les charges d’entretien courant des ensembles résidentiels.
Quid de l’habitat non réglementaire?
En cohérence avec la stratégie nationale de lutte contre l’habitat insalubre, l’Agence adopte plusieurs mesures et mécanismes visant le relogement, la mise à niveau des quartiers et l’accompagnement social des ménages résidant dans des habitats non réglementaires édifiés sur des terrains militaires, sur la base des recensements effectués par les autorités militaires et civiles, peut-on lire dans la Revue des FAR.
Dans ce cadre, «l’ALEM a procédé à l’attribution de lots de terrains équipés, au recasement des occupants soit sur site, soit sur une autre assiette foncière ainsi qu’à la mise à disposition de son foncier, dans un cadre conventionnel bien établi, au profit du Groupe Al Omrane pour la viabilisation de lots de terrains destinés au relogement des personnes concernées», détaille la même source.
Ainsi, on apprend qu’au cours de l’année 2025, plusieurs conventions ont été signées entre les autorités locales, le Groupe Al Omrane, les autorités militaires des villes concernées et l’Agence de logements et d’équipements militaires, pour le traitement de l’habitat insalubre implanté sur les terrains militaires, notamment dans les villes de Rabat, Meknès, Casablanca, Berkane, Ouazzane et Marrakech.
À fin décembre 2025, l’Agence a procédé au relogement ou au recasement d’environ 12.000 ménages. À cet égard, plus de 15 conventions spécifiques ont été conclues avec l’ensemble des parties prenantes. Près de 5.000 dossiers de ménages demeurent en cours de traitement, tandis que la situation de près de 1.400 foyers fait encore l’objet d’études en vue d’identifier les solutions.
Parallèlement, le premier semestre de l’année 2025 a été marqué par le traitement des dossiers de 461 ménages résidant au dénommé «Douar Al Askar», situé sur la corniche de la ville de Rabat, lesquels ont été relogés. À cet effet, l’Agence a mobilisé des appartements à la ville de Tamesna ainsi que des lots de terrains, et ce, en partenariat avec le Groupe Al Omrane. Une opération similaire a été menée à Meknès, où les dossiers de plus de 600 ménages ont été traités, dont près de 300 occupaient le bidonville «Douar Génie» et 300 répartis sur diverses poches.








