Corruption: une vague de poursuites judiciaires se profile contre plusieurs élus

Le marteau de la justice.

Revue de pressePlusieurs responsables politiques et élus locaux pourraient être rattrapés par des dossiers de corruption longtemps restés en suspens. Entre enquêtes administratives approfondies et procédures judiciaires imminentes, cette offensive s’inscrit dans un contexte marqué par le renforcement des mécanismes de contrôle de la gestion publique et par l’approche des échéances électorales de 2026. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Assabah.

Le 13/02/2026 à 19h42

Plusieurs élus influents, dont des parlementaires connus, s’attendent à l’ouverture d’une nouvelle vague d’arrestations visant des députés et des conseillers parlementaires disposant de pouvoirs d’ordonnancement des dépenses publiques. Ces procédures judiciaires concerneraient des dossiers de corruption qui, bien que datant parfois de plusieurs années, n’ont jamais été prescrits et auraient été maintenus en attente d’un contexte politique et institutionnel jugé opportun, indique le quotidien Assabah dans son édition du week-end du 14 et 15 février.

Selon des sources partisanes, une «liste noire» regroupant plus d’une trentaine d’élus de premier plan serait désormais dans le viseur des autorités. Cette liste inclurait des parlementaires ainsi que des présidents de communes territoriales soupçonnés d’implication dans des affaires de corruption financière, de blanchiment d’argent, de spoliation foncière, de falsification de documents administratifs, d’émission de chèques sans provision et d’évasion fiscale. Les procédures judiciaires engagées contre ces responsables devraient se traduire par des comparutions devant les juridictions spécialisées dans les crimes financiers.

Le représentant judiciaire de l’État aurait déjà transmis aux tribunaux compétents plusieurs dossiers impliquant d’anciens et d’actuels présidents de collectivités locales, parmi lesquels figurent également certains parlementaires, lit-on dans Assabah. D’autres enquêtes seraient actuellement en phase finale, en prévision de l’ouverture de procès qui pourraient débuter avant la session printanière du Parlement. Cette dynamique s’inscrit dans une volonté apparente de renforcer les mécanismes de reddition des comptes et de lutte contre l’impunité dans la gestion des affaires publiques locales.

Plusieurs dossiers ont été transmis à la justice sur la base d’investigations et de rapports élaborés par la Cour des comptes et l’Inspection générale de l’administration territoriale. Ces rapports, restés longtemps confidentiels, auraient été volontairement retenus afin d’éviter des réactions politiques ou populaires à l’approche des élections prévues en 2026, notamment dans des formations politiques dont certains élus influents sont mis en cause. La relance de ces dossiers s’appuie sur des infractions qualifiées de graves et confirmées par des audits approfondis réalisés à l’échelle régionale.

Dans certains cas, les dossiers ne seront pas immédiatement transférés devant la justice pénale mais orientés vers des procédures administratives relevant du ministère de tutelle. Les responsables concernés devraient bénéficier de garanties juridiques encadrant strictement ces démarches, qu’elles soient disciplinaires ou judiciaires. Les investigations menées par l’Inspection générale de l’administration territoriale, qui fonctionne actuellement sans direction permanente depuis le départ de Zineb El Adaoui, demeurent encadrées par des mécanismes juridiques visant à prévenir tout abus de pouvoir dans la formulation des sanctions proposées.

Par ailleurs, la Direction générale des collectivités territoriales aurait reçu près d’une centaine de rapports portant sur la gestion de plusieurs collectivités territoriales. Ces documents révèlent de nombreuses irrégularités, notamment dans la gestion financière et comptable, l’attribution des marchés publics, la planification urbaine, la gestion du patrimoine communal ainsi que dans l’administration des ressources humaines.

Dans le cadre du suivi permanent exercé par les autorités provinciales sur le fonctionnement des collectivités territoriales, la même direction a également réceptionné une quarantaine de rapports supplémentaires signalant diverses anomalies. Ces observations concernent des dysfonctionnements financiers et administratifs, des infractions en matière d’urbanisme, mais aussi des conflits politiques internes opposant majorités et oppositions au sein de certains conseils communaux. Dans plusieurs situations, des correspondances ont été adressées aux gouverneurs afin d’arbitrer les différends institutionnels et de proposer des mécanismes de résolution des crises locales. Dans d’autres cas, des demandes d’explication ont été formellement adressées aux présidents concernés, conformément aux dispositions légales régissant la gestion des collectivités territoriales.

Cette séquence judiciaire et administrative semble ainsi marquer une nouvelle étape dans le renforcement du contrôle de la gestion publique locale, dans un contexte où la gouvernance territoriale et la transparence financière demeurent au cœur des enjeux politiques et institutionnels du pays.

Par La Rédaction
Le 13/02/2026 à 19h42