Coopération: le Maroc partenaire d’ORION 26, exercice militaire d’envergure mené par la France

Lors de l'exercice ORION 23. (Crédit: Ministère français des Armées et des Anciens combattants)

Du 8 février au 30 avril, le Maroc participe à ORION 2026, exercice militaire de grande ampleur conduit par la France. Manœuvres interarmées, coalition multinationale et tests technologiques... Cette édition vise à éprouver la coordination des forces engagées.

Le 05/02/2026 à 11h13

C’est un exercice militaire de grande ampleur auquel participe le Maroc du 8 février au 30 avril. Selon le ministère français des Armées et des Anciens combattants, ORION signifie: Opération de grande envergure pour des armées Résilientes, Intéropérables, Orientées vers le combat de haute intensité et Novatrices. Il s’agit de manœuvres qui ont pour «objectif de préparer les armées aux situations les plus complexes et dans des environnements hybrides et contestés».

Outre le Maroc et la France, cet exercice réunit une large coalition de partenaires comprenant l’Allemagne, la Belgique, le Brésil, le Canada, la Corée du Sud, l’Estonie, les États-Unis, la Croatie, l’Italie, l’Espagne, la Grèce, le Japon, la Norvège, le Luxembourg, les Pays-Bas, la Pologne, le Qatar, la Roumanie, le Royaume-Uni, Singapour et la Suisse.

Cet exercice vise à entraîner les forces armées à planifier et conduire des opérations dans tous les milieux (terre, mer, air, cyber, espace et informationnel), «dans un contexte de haute intensité». Il permet aussi de tester la coordination entre les différents acteurs de la défense et d’améliorer la capacité à protéger le territoire et la population. L’exercice cherche également à renforcer l’interopérabilité entre alliés et à expérimenter de nouvelles technologies militaires comme les drones, l’intelligence artificielle et les moyens de brouillage, fait-on savoir.

Pour ORION 2026, la France engage des moyens interarmées répartis entre les composantes terrestre, maritime et aérienne. L’armée de Terre mobilise un état-major de niveau corps d’armée, trois brigades interarmées, environ 2.150 véhicules tactiques, 40 hélicoptères ainsi que 1.200 drones de combat et de spécialité.

La Marine nationale française déploie le porte-avions Charles de Gaulle, véritable outil stratégique de projection de puissance, capable de frapper loin, de protéger les voies maritimes et de commander des opérations multinationales grâce à son aviation embarquée, ses bâtiments d’escorte et ses capacités de renseignement et de dissuasion. Deux porte-hélicoptères amphibies, 50 aéronefs embarqués et près de 25 grandes unités de combat seront également mobilisés.

Parallèlement, l’armée de l’Air et de l’Espace de l’Hexagone engage dix bases aériennes, 50 aéronefs, deux drones MALE, six systèmes de défense sol-air et une vingtaine de capteurs spatiaux.

Côté marocain, la frégate Mohammed VI prendra part aux opérations navales de coordination menées dans le cadre de l’exercice aux côtés des bâtiments de la coalition, selon des sources informées. Navire amiral de la Marine royale, elle est capable d’opérer en lutte anti-surface, anti-sous-marine et en défense aérienne. Moderne et polyvalente, elle est particulièrement adaptée aux opérations multinationales de coordination et d’escorte, comme celles menées dans le cadre d’exercices tels qu’ORION 26.

D’après le ministère français des Armées et des Anciens combattants, ORION 2026 se déroule en plusieurs temps. D’abord une phase consacrée à la planification opérationnelle, engagée depuis le 6 janvier, au cours de laquelle les états-majors alliés élaborent des ordres stratégiques selon un processus commun destiné à garantir une réelle interopérabilité.

Opérations amphibies et aéroportées combinées

Le second temps de l’exercice, du 8 février au 1er mars, réside dans la conduite des opérations sur le terrain. Selon un brief du vice-amiral Xavier Royer de Véricourt, commandant du centre expert du commandement interarmées de l’état-major des armées françaises, «au cours de cette phase, les forces sont déployées au sein d’une coalition multinationale depuis la façade atlantique, qui représente la côte occidentale du pays fictif soutenu». Cette séquence comprend la conquête de points d’entrée sur un territoire contesté, l’acquisition de la supériorité de zone, puis des opérations amphibies et aéroportées visant à maîtriser une zone de déploiement élargie.

Un dernier temps d’ORION 2026, du 7 au 30 avril, doit porter sur l’intégration des forces dans un exercice de l’OTAN. Initialement conduit «en coalition sous leadership français», ORION 2026 devient alors une opération «intégrée à la chaîne de commandement otanienne», précise le vice-amiral. Cette bascule vise à démontrer la capacité des armées européennes, et de leurs partenaires, à s’insérer solidement dans la structure de commandement de l’Alliance et à opérer dans une logique d’engagement collectif.

Par Hajar Kharroubi
Le 05/02/2026 à 11h13