Déposée à la Chambre des représentants, la proposition de loi visant le front Polisario s’impose chaque jour un peu plus comme un enjeu majeur du débat américain, consolidant un front bipartisan qui mêle poids politique, accusations directes de la milice séparatiste armée et tensions géopolitiques autour de l’influence iranienne en Afrique du Nord. Mercredi 25 mars 2026, la députée républicaine Elise Stefanik a en effet annoncé son adhésion à la proposition de loi initiée par Joe Wilson (républicain), vite rejoint par Jimmy Panetta (démocrate), pour inscrire le Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères des États-Unis.
Cette nouvelle signature porte à onze le nombre de parlementaires soutenant le texte.
Elise Stefanik est une femme politique américaine connue pour son ascension rapide au sein de la Chambre des représentants des États-Unis. Née en 1984 et élue pour la première fois à 30 ans dans le 21ᵉ district de New York, elle est devenue la plus jeune femme à siéger au Congrès américain. Par la suite, elle s’est hissée parmi les plus hautes dirigeantes républicaines en devenant présidente de la House Republican Conference. Son parcours politique, marqué par un engagement sur la sécurité nationale, l’éducation et l’économie en fait une figure influente du débat national US.
La récente adhésion de Stefanik suit celle, le 9 mars 2026, de la représentante républicaine Claudia Tenney, intervenue moins d’une semaine après le ralliement de Don Bacon, confirmant l’accélération de la dynamique politique autour de cette initiative à Washington.
La proposition de loi a été déposée initialement le 24 juin 2025. Son objectif est de contraindre l’administration américaine à examiner formellement l’inscription du front Polisario sur la liste des organisations terroristes étrangères. Le noyau initial comprenait six parlementaires: Joe Wilson, Jimmy Panetta, Mario Diaz-Balart, Jefferson Shreve, Randy Fine et Lance Gooden. Depuis février 2026, le texte a vu l’adhésion de cinq nouveaux députés: Pat Harrigan, Zachary Nunn, Don Bacon, Claudia Tenney, et désormais Elise Stefanik.

Une dynamique parallèle au Sénat
La dynamique ne se limite pas à la Chambre des représentants. Le 13 mars 2026, un trio de sénateurs influents, mené par le républicain Ted Cruz et comprenant Tom Cotton et Rick Scott, a déposé la Polisario Front Terrorist Designation Act of 2026. Cette autre proposition de loi prévoit la mise en place d’un mécanisme institutionnel permettant de déclencher une désignation formelle de la bande à Brahim Ghali, soutenue et entretenue par l’Algérie, comme organisation terroriste. Le 23 mars 2026, le sénateur républicain David McCormick, ancien PDG de Bridgewater Associates, le plus grand fonds d’investissement au monde, a rejoint le trio initial, renforçant le poids politique du texte.
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Selon le dispositif législatif, le secrétaire d’État américain devra enclencher cette désignation si une coopération entre le front Polisario et l’Iran ou des organisations qui lui sont affiliées de près ou de loin est confirmée. Le texte exige également un rapport détaillé sur des domaines sensibles: opérations militaires conjointes, transferts d’armes incluant drones et composants, et activités de renseignement. Pour les promoteurs de ces textes, une telle désignation permettrait de mobiliser l’ensemble de l’arsenal juridique américain en matière de lutte contre le terrorisme. Elle entraînerait des sanctions lourdes: exclusion du système financier international, restrictions de déplacement et gel des ressources.
Dans un communiqué accompagnant le projet de texte, Ted Cruz, très proche du président Donald Trump, n’y est pas allé de main morte. «Le régime iranien tente de transformer le front Polisario en équivalent des Houthis en Afrique de l’Ouest et de l’utiliser pour affaiblir la sécurité nationale des États-Unis et de nos alliés. Le front Polisario travaille avec des groupes terroristes iraniens, reçoit des drones du Corps des Gardiens de la révolution islamique (IRGC) et transporte des armes dans la région pour le compte du régime iranien», a-t-il affirmé.
Cette initiative s’inscrit dans un contexte de préoccupations croissantes à Washington face à l’expansion de l’influence iranienne dans des zones stratégiques, notamment en Afrique du Nord et au Sahel. La progression rapide du soutien législatif, tant à la Chambre qu’au Sénat, montre que le débat sur la désignation du front Polisario comme organisation terroriste va s’imposer durablement sur l’agenda politique américain. Chez le Polisario comme son protecteur algérien, le silence quant à ces initiatives est assourdissant.








