À l’approche des élections, retour des intermédiaires dans les investitures à Salé et Rabat

Une urne dans un bureau de vote.. DR

Revue de presseÀ l’approche des prochaines échéances électorales, des pratiques liées à l’intervention d’intermédiaires dans l’octroi des investitures partisanes refont surface à Salé et Rabat. Des manœuvres menées en marge des procédures officielles relancent le débat sur la transparence interne des partis politiques et sur l’impact de ces dérives présumées sur la crédibilité du processus électoral et la confiance des citoyens. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien Al Akhbar.

Le 06/01/2026 à 18h33

Le phénomène des intermédiaires dans l’octroi des investitures des partis politiques refait surface dans les villes de Salé et de Rabat, à l’approche des prochaines échéances électorales. Des mouvements douteux ont ravivé le débat sur la probité interne des formations politiques et sur leur respect effectif des principes de transparence et d’égalité des chances entre les candidats à la candidature, relève le quotidien Al Akhbar de ce mercredi 7 janvier.

Selon Al Akhbar, des intermédiaires non officiels auraient commencé à tisser des liens avec des candidats potentiels, leur promettant de faciliter l’obtention d’investitures électorales au sein des listes de plusieurs partis. Ces démarches reposeraient sur l’exploitation de positions organisationnelles ou sur des relations entretenues avec certaines figures locales ou régionales des partis concernés. Toujours d’après les mêmes sources, ces manœuvres se dérouleraient dans la plus grande discrétion, en marge des procédures formelles annoncées par les partis pour la sélection de leurs candidats.

Certaines investitures feraient l’objet de négociations en dehors des structures partisanes, en contrepartie de sommes d’argent ou de promesses de soutien logistique durant la campagne électorale, indique Al Akhbar. Une telle pratique viderait le principe de concurrence démocratique de sa substance et transformerait le processus de désignation des candidats en un marché informel régi par l’influence et l’argent, au détriment de la compétence et de la représentativité.

À Salé et à Rabat, où la carte électorale est marquée par une forte rivalité entre les partis, une hausse du nombre de candidats ayant changé d’appartenance politique sur de courtes périodes a été observée. Ce phénomène est perçu comme un indicateur de dysfonctionnements dans la gestion des investitures et de l’absence de critères clairs et unifiés pour le choix des candidats.

Des acteurs politiques estiment que ces pratiques, si elles étaient avérées, porteraient gravement atteinte au travail partisan et affaibliraient la confiance des citoyens dans le processus électoral. Cette défiance est d’autant plus préoccupante qu’elle s’inscrit dans un contexte de désaffection électorale croissante, que de nombreux observateurs attribuent précisément à la propagation de comportements donnant l’image d’une compétition fondée non sur le mérite, mais sur l’entremise et les arrangements.

Dans ce contexte, des sources internes aux partis indiquent que plusieurs directions centrales ont reçu des rapports faisant état d’irrégularités dans les procédures d’octroi des investitures au sein de certaines sections locales, notamment à Salé et à Rabat. Ces alertes auraient conduit à l’ouverture de discussions internes sur la nécessité de renforcer les mécanismes de contrôle, de lier responsabilité et reddition des comptes, et d’activer les commissions d’éthique.

Ces éléments placent les autorités de tutelle, aux côtés des partis politiques, face à une responsabilité partagée pour garantir le respect des lois encadrant les élections et lutter contre toute pratique susceptible de porter atteinte à l’intégrité des prochaines échéances électorales. L’enjeu est d’autant plus important dans de grandes villes comme Salé et Rabat, qui constituent une vitrine politique et administrative du pays.

Par La Rédaction
Le 06/01/2026 à 18h33