La Maison Blanche n’a livré aucun détail sur les contours exacts de cette trêve surprise, qui intervient alors que Russes et Ukrainiens doivent se retrouver dimanche pour des négociations directes aux Émirats arabes unis.
«J’ai personnellement demandé au président Poutine de ne pas faire feu sur Kiev et les autres villes pendant une semaine. Et il a accepté de le faire, et je dois vous dire, c’était très gentil», a déclaré Donald Trump lors d’un conseil des ministres.
Le président américain a expliqué avoir formulé cette demande en raison du froid «exceptionnel» en Ukraine, alors que le pays est confronté à des coupures d’électricité et de chauffage d’ampleur à cause des frappes russes.
Selon le Centre hydrométéorologique ukrainien, de dimanche à mardi, «un temps très froid est prévu» en Ukraine: «les températures nocturnes devraient descendre jusqu’à -20 à -27°C, et dans certaines parties (...), les températures nocturnes devraient descendre jusqu’à -30°C».
Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a remercié Washington pour ses «efforts visant à mettre fin aux attaques contre le secteur énergétique».
«Une catastrophe humanitaire s’annonce»
Jeudi soir toutefois, après l’annonce surprise de Donald Trump, le gouverneur de la région de Zaporijjia (centre-est) a fait état d’une attaque russe contre la capitale régionale, qui a endommagé un immeuble.
Au cours d’un appel avec Volodymyr Zelensky, le chancelier allemand Friedrich Merz a salué le travail de Washington «en faveur d’une trêve» tout en soulignant que «la destruction systématique et brutale des infrastructures énergétiques civiles ukrainiennes» par Moscou était «toujours en cours», selon un porte-parole.
Vendredi, l’Agence internationale de l’énergie atomique réunit son conseil des gouverneurs à la demande de pays membres inquiets de la situation nucléaire en Ukraine, dans le sillage d’attaques russes.
Le réseau énergétique ukrainien a été sévèrement mis à mal ces derniers mois par une série de frappes russes massives qui ont endommagé centrales, transformateurs électriques et infrastructures gazières.
Ces attaques ont provoqué de vastes coupures d’électricité et de chauffage alors que les températures sont déjà glaciales, notamment à Kiev (-6°C dans la nuit), ainsi que dans les grandes villes de Kharkiv (nord-est), Odessa (sud) et Dnipro (centre).
Les autorités ukrainiennes affirment mener des travaux d’urgence pour restaurer le réseau et ont ouvert des espaces dédiés où les habitants peuvent se réchauffer et accéder à l’électricité. Jeudi, la municipalité de Kiev a indiqué que 613 bâtiments étaient toujours sans chauffage dans la capitale.
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«L’hiver est très rude et les Ukrainiens souffrent énormément. Une catastrophe humanitaire s’annonce là-bas», a martelé jeudi Kaja Kallas, annonçant l’octroi d’une aide humanitaire d’urgence de 145 millions d’euros par l’Union européenne face au rude hiver ukrainien.
«Progrès» diplomatiques
Jeudi, Donald Trump a assuré que «beaucoup de progrès» avaient été accomplis dans les pourparlers diplomatiques entre Moscou, Kiev et Washington, alors que la guerre déclenchée par l’invasion de l’Ukraine par la Russie entre bientôt dans sa cinquième année.
Les premières négociations directes tripartites sur le plan de Washington pour mettre fin à la guerre se sont tenues vendredi et samedi à Abou Dhabi. Une nouvelle session devrait avoir lieu dimanche, à laquelle les États-Unis pourraient de nouveau participer, selon le secrétaire État américain Marco Rubio.
En amont de ces discussions, Vladimir Poutine a reçu jeudi à Moscou son homologue émirati Mohammed ben Zayed Al Nahyane, lui exprimant sa reconnaissance pour «la tenue de pourparlers trilatéraux» la semaine précédente, selon la télévision russe.
Mohammed ben Zayed a de son côté réaffirmé le soutien des Émirats en faveur de «solutions diplomatiques nécessaires», évoquant notamment la médiation de son pays dans les échanges de prisonniers entre la Russie et l’Ukraine.
Ces échanges, comme ceux de dépouilles, constituent à ce stade les seuls résultats concrets des négociations entre Moscou et Kiev depuis le déclenchement de l’offensive russe en février 2022.
Jeudi, la Russie a rendu à l’Ukraine 1.000 corps, «présentés par la partie russe comme ceux de militaires ukrainiens», a annoncé l’administration ukrainienne chargée des prisonniers de guerre. Le précédent rapatriement de ce type remontait à fin octobre.
En février dernier, Volodymyr Zelensky avait affirmé sur une chaîne de télévision américaine que son pays avait perdu près de 46.000 soldats depuis 2022, un chiffre que plusieurs analystes jugent sous-évalué.











