L’écrivain Boualem Sansal a annoncé avoir été déchu de sa nationalité algérienne. Selon une information rapportée en premier lieu par Le Figaro, l’auteur a confirmé lui-même la nouvelle lors d’un échange public. «Il y a encore sans doute quelques formalités en cours, mais en effet, je suis seulement français désormais», a-t-il déclaré au quotidien français. L’information a été confirmée dans la foulée par son éditeur, Gallimard, qui a précisé que le passeport algérien de l’écrivain avait été annulé, officialisant ainsi sa perte de nationalité.
L’annonce est intervenue alors que Boualem Sansal participait ce jeudi à une rencontre avec des lycéens au lycée Edgar Quinet, dans le 9ème arrondissement de Paris, où il débattait autour des caricatures et de la démocratie. L’écrivain a révélé cette information en marge de cette intervention publique, suscitant la surprise parmi les participants.
Cette décision du régime d’Alger apparaît comme une réaction à son élection en tant que membre de l’Académie française, survenue le jeudi 29 janvier dernier. Cette consécration internationale a été un camouflet pour le «Système», qui avait auparavant emprisonné l’écrivain.
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Boualem Sansal est en effet devenu «immortel» après avoir été élu dès le premier tour par les académiciens, obtenant 25 voix sur 26 votants. Il occupe désormais le fauteuil laissé vacant par l’avocat et historien Jean-Denis Bredin, décédé en 2021. Cette élection, intervenue quelques mois seulement après sa libération de prison, marque la reconnaissance de son parcours littéraire et intellectuel. Auteur d’une trentaine d’ouvrages, il s’est notamment illustré avec «2084. La fin du monde» et plusieurs essais consacrés à la langue française.
L’écrivain avait auparavant été arrêté en novembre 2024 à son arrivée à Alger. Il lui était reproché des déclarations faites dans une interview accordée au média français Frontières, dans lesquelles il évoquait les frontières héritées de la colonisation française. Il y affirmait notamment que certains territoires historiquement marocains avaient été rattachés à l’Algérie durant la période coloniale. Ces propos lui ont valu une condamnation en appel en juillet 2025 à cinq ans de réclusion pour «atteinte à l’unité nationale». Sa détention avait suscité une forte mobilisation internationale, conduisant finalement à sa libération en novembre 2025.
Cette nouvelle décision illustre la persistance d’une politique répressive. Le régime algérien semble ainsi ne pas en finir de distiller son venin, la déchéance de nationalité infligée à un grand écrivain en étant aujourd’hui une preuve supplémentaire.






