Ces attaques, survenues dès les premières heures de 2026, ont eu lieu alors que l’issue des pourparlers en cours pour mettre fin au conflit demeure incertaine. De nouvelles rencontres diplomatiques sont notamment attendues samedi et mardi.
Dans la partie de la région ukrainienne de Kherson contrôlée par l’armée russe, Moscou a affirmé que Kiev avait attaqué à l’aide de drones un café et un hôtel dans le village de Khorly, situé au bord de la mer Noire, pendant les célébrations du Nouvel An.
Le gouverneur de la région de Kherson nommé par Moscou, Vladimir Saldo, a indiqué sur Telegram qu’au moins 24 personnes avaient été tuées et que des «dizaines d’autres» avaient été blessées.
Il a également publié des images montrant plusieurs corps carbonisés.
La diplomatie russe a accusé Kiev de «torpiller consciemment toute tentative de recherche de solutions pacifiques au conflit» en menant ces attaques de drones.
Les autorités ukrainiennes n’avaient, pour l’heure, pas réagi à ces accusations.
Nouvelles rencontres attendues
De son côté, le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a accusé jeudi la Russie d’entamer la nouvelle année «en poursuivant la guerre» déclenchée en 2022 par son attaque à grande échelle contre l’Ukraine.
Il a affirmé que Moscou avait lancé plus de 200 drones dans la nuit du Nouvel An, visant notamment des infrastructures énergétiques ukrainiennes.
Dans son allocution quotidienne, il a néanmoins indiqué que des rencontres destinées à faire avancer les négociations étaient toujours prévues dans les prochains jours.
Samedi, une réunion doit se tenir en Ukraine avec des conseillers à la sécurité d’États européens alliés de Kiev. Une équipe américaine y participera par visioconférence, a précisé M. Zelensky, ajoutant que quinze pays avaient confirmé leur participation, ainsi que des représentants de l’Union européenne et de l’Otan.
Une rencontre entre responsables militaires est ensuite attendue lundi afin de discuter des «garanties de sécurité» que les alliés de l’Ukraine pourraient apporter pour dissuader Moscou de lancer une nouvelle offensive.
«Sur le plan politique, presque tout est prêt, et il est important de régler chaque détail du fonctionnement des garanties dans les airs, sur terre et en mer si nous parvenons à mettre fin à la guerre», a déclaré le président ukrainien.
Lire aussi : Guerre en Ukraine: Zelensky évoque un accord «prêt à 90%», Poutine appelle à croire en la victoire
Un sommet avec des chefs d’État occidentaux est par ailleurs toujours prévu mardi, a-t-il poursuivi, sans donner davantage de précisions sur le lieu de la rencontre. Il avait précédemment évoqué la possibilité qu’elle se tienne en France.
Dans ses vœux du Nouvel An, Volodymyr Zelensky a estimé qu’un accord avec la Russie était «prêt à 90%», tout en avertissant que les 10% restants détermineraient le «destin de la paix».
Son homologue russe, Vladimir Poutine, a pour sa part exhorté ses compatriotes, lors de son allocution pour la nouvelle année, à croire en la «victoire».
Crainte d’un blocage
En début de semaine, la Russie a accusé l’Ukraine d’avoir lancé une attaque de drones contre une résidence de Vladimir Poutine située entre Moscou et Saint-Pétersbourg, dans la nuit de dimanche à lundi.
Kiev a qualifié cette accusation de «mensonge», estimant qu’elle visait à servir de prétexte à de nouvelles frappes contre la capitale ukrainienne et à saper les pourparlers diplomatiques.
Le Kremlin a averti mardi que «les conséquences» de cette attaque se traduiraient par «un durcissement de la position de négociation» de la Russie.
Alors que cette guerre, la plus meurtrière en Europe depuis la Seconde Guerre mondiale, dure depuis bientôt quatre ans, les bombardements et les combats se poursuivent sans relâche sur le front.
Sur l’ensemble de l’année 2025, la Russie a tiré 54.592 drones de longue portée et 1.958 missiles lors de frappes nocturnes contre l’Ukraine, selon une analyse de données ukrainiennes réalisée par l’AFP.
Ces bombardements ciblent principalement les infrastructures gazières et électriques ukrainiennes. Comme lors des hivers précédents, des coupures de courant tournantes ont été instaurées dans toutes les régions du pays afin de pallier les pénuries d’électricité causées par les frappes.
En représailles, Kiev mène des frappes contre des dépôts pétroliers et des raffineries russes, dans le but de tarir la rente des hydrocarbures qui finance l’effort de guerre du Kremlin.












