«Les raids de l’ennemi israélien sur la ville de Nabi Sheet, dans le district de Baalbek, ont fait neuf morts et dix-sept blessés», a-t-il déclaré dans un communiqué, précisant que les recherches se poursuivaient pour trouver des survivants sous les décombres.
Plus tôt dans la journée, le ministère de la Santé avait fait état d’un bilan de 217 morts et 798 blessés dans des bombardements israéliens depuis que Beyrouth a été entraîné dans la guerre régionale lundi.
Le Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme a exigé des enquêtes «rapides et approfondies» sur ces bombardements.
Dans le sud du pays, deux Casques bleus ghanéens ont été grièvement blessés vendredi dans une attaque de missile contre une position de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) dans le sud du pays, selon un média d’Etat et l’armée ghanéenne.
Le président Joseph Aoun a accusé dans la soirée Israël d’avoir mené une «attaque directe contre la Finul», condamnant des frappes israéliennes qui «continuent de s’intensifier» à travers le pays.
Les frappes de vendredi sur le sud ont notamment touché les villes de Saïda et Tyr, qui abrite des ruines romaines classées au patrimoine mondial de l’Unesco, selon l’Agence nationale d’information (Ani).
Selon l’Ani, plusieurs villages ont été visés dans l’est, la localité de Nabi Sheet ayant été à elle seule frappée à 11 reprises.
La banlieue sud de Beyrouth a aussi été la cible de frappes intenses. D’immenses colonnes de fumée grise s’élevaient dans le ciel, tandis que plusieurs immeubles effondrés laissaient place à des tas de débris.
«L’armée israélienne frappe actuellement les infrastructures du Hezbollah dans le quartier de Dahiyeh (banlieue en arabe, NDLR) à Beyrouth», a indiqué l’armée israélienne.
Les habitants de ce bastion du Hezbollah, où vivent d’ordinaire entre 600.000 et 800.000 personnes, ont fui en masse jeudi à la suite d’un ordre d’évacuation d’une ampleur sans précédent d’Israël.
Des centaines de familles dorment dehors, après avoir trouvé refuge sur le front de mer ou en centre-ville.
«C’est un cauchemar: nous n’avons ni à manger, ni à boire et pas d’abris», raconte à l’AFP Fatmé El Massry, 45 ans, assise en plein soleil, place des Martyrs. «Toutes les écoles sont pleines à craquer, alors nous sommes ici depuis quatre jours».
«Catastrophe humanitaire»
Le Premier ministre Nawaf Salam a averti qu’une «catastrophe humanitaire» se profilait en raison du déplacement massif de la population.
Plus de 95.000 personnes ont été déplacées depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre régionale, selon les derniers chiffres officiels.
«Notre pays a été entraîné dans une guerre dévastatrice (...) que nous n’avons pas choisie», a encore dit le Premier ministre.
Bezalel Smotrich, ministre israélien d’extrême droite chargé des Finances, a menacé jeudi la banlieue sud de Beyrouth de subir la même dévastation qu’Israël a infligée à Gaza depuis le début de la guerre contre le Hamas palestinien.
Pour sa part, le Hezbollah a appelé vendredi les habitants du nord d’Israël à évacuer les localités situées à moins de 5 km de la frontière libanaise, en raison du déploiement de l’armée israélienne dans la zone.
Il a également revendiqué de nouvelles attaques contre le nord d’Israël, dont une sur une base navale à Haïfa.
Selon Israël, le Hezbollah a tiré quelque 70 roquettes vers son territoire vendredi. Huit soldats israéliens ont été blessés, dont cinq grièvement, vendredi par des tirs sur le nord d’Israël, selon l’armée.
Le mouvement pro-iranien avait lancé lundi une attaque contre Israël, disant vouloir «venger» la mort de l’ayatollah Khamenei en Iran. Israël a riposté en lançant une vaste campagne de frappes aériennes sur le Liban.
Israël, dont l’armée a pénétré dans plusieurs localités du sud du Liban, a affirmé vouloir y établir une «zone tampon».








