Guerre au Moyen-Orient: un soldat français tué en Irak, les frappes se poursuivent entre l’Iran et Israël

Un homme inspecte les décombres d'immeubles détruits sur le site d'une frappe aérienne israélienne qui a ciblé le quartier de Haret Hreik, dans la banlieue sud de Beyrouth, le 7 mars 2026. AFP or licensors

La France a annoncé la mort d’un de ses soldats au Kurdistan irakien, le premier depuis le début de la guerre au Moyen-Orient, alors que l’Iran et Israël poursuivent leurs frappes vendredi matin dans plusieurs régions.

Le 13/03/2026 à 07h32

Sur le terrain économique, secoué par la flambée des prix du pétrole, Washington a parallèlement décidé d’assouplir partiellement les sanctions imposées à la Russie pour son invasion de l’Ukraine, en autorisant temporairement la vente de pétrole russe stocké sur des navires.

La guerre au Moyen-Orient a franchi dans la nuit une nouvelle étape avec l’annonce par Emmanuel Macron de la mort d’un premier militaire français «lors d’une attaque dans la région d’Erbil» au Kurdistan irakien.

Le soldat et ses camarades étaient déployés dans la région «dans le strict cadre de la lutte contre le terrorisme», a précisé le président français.

«La guerre en Iran ne saurait justifier de telles attaques», a également déclaré Emmanuel Macron, faisant état de plusieurs blessés dans les rangs français.

Sans revendiquer directement l’attaque, un groupe armé irakien pro-iranien, Ashab al-Kahf, a annoncé vendredi qu’il prendrait désormais pour cible «tous les intérêts français» dans la région. Cette menace intervient, selon le groupe, en réaction au déploiement du porte-avions français Charles de Gaulle dans le Golfe.

Le président français a rappelé ces derniers jours le «rôle défensif» de la France dans la guerre au Moyen-Orient, avec un dispositif militaire appelé à mobiliser plusieurs frégates et des porte-hélicoptères amphibies.

Du côté occidental, les États-Unis, engagés aux côtés d’Israël dans l’opération militaire lancée contre l’Iran le 28 février, ont également subi des pertes. Washington a annoncé ces derniers jours la mort de sept soldats américains dans la région.

Un avion ravitailleur américain s’est par ailleurs écrasé dans l’ouest de l’Irak, a indiqué le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom). Selon l’armée américaine, sa perte n’est «pas due à des tirs hostiles ou amis».

Aucun détail n’a été communiqué sur les personnes à bord de l’appareil. Il s’agit toutefois du quatrième avion militaire perdu par Washington depuis le début du conflit.

L’armée iranienne a pour sa part affirmé que l’appareil avait été touché par un missile tiré par des groupes armés pro-iraniens et que l’équipage n’avait pas survécu.

L’armée israélienne a annoncé vendredi vers 7H00 GMT avoir lancé une nouvelle vague de frappes d’ampleur sur Téhéran, au 14e jour de la guerre déclenchée par l’attaque israélo-américaine sur l’Iran.

Les forces israéliennes «viennent de lancer une vaste vague de frappes visant les infrastructures du régime terroriste iranien à travers Téhéran», indique un bref communiqué militaire.

«Jusqu’au bout»

L’Iran et Israël ont poursuivi leurs frappes vendredi, alors que se déroule la Journée de Qods, une journée de mobilisation organisée chaque année depuis 1979 par la République islamique pour contester le contrôle israélien de Jérusalem et soutenir les Palestiniens.

Dans la nuit, des médias iraniens ont signalé des explosions dans plusieurs quartiers de Téhéran. L’armée israélienne avait annoncé plus tôt une nouvelle série de frappes visant des infrastructures dans la capitale iranienne, affirmant avoir notamment bombardé des postes de contrôle du Bassidj, une milice alliée au pouvoir.

Israël affirme avoir atteint plus de 200 cibles en Iran en une seule journée, notamment des lanceurs de missiles et des systèmes de défense.

Les autorités israéliennes ont également mis en garde contre l’arrivée de missiles iraniens, appelant la population des zones menacées à se mettre à l’abri. Au moins deux personnes ont été blessées dans le nord du pays, selon le Magen David Adom, l’équivalent israélien de la Croix-Rouge.

L’armée israélienne a par ailleurs annoncé avoir frappé à Beyrouth un membre du mouvement libanais Hezbollah, allié de Téhéran, lequel a revendiqué des tirs de roquettes contre Israël. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a affirmé que son pays était en train d’«écraser» à la fois le Hezbollah et l’Iran.

Au-delà du front israélo-iranien, les tensions se poursuivent également dans les monarchies du Golfe. Des explosions ont été entendues par des journalistes de l’AFP à Dubaï, aux Émirats arabes unis, où une épaisse fumée recouvrait vendredi matin le centre de la ville.

Selon le bureau local des médias, un bâtiment a été touché par des débris après l’interception d’un projectile.

L’Arabie saoudite a pour sa part annoncé avoir détruit 45 drones, notamment dans l’est du pays.

La veille, plusieurs explosions avaient déjà secoué la région, touchant notamment un réservoir d’hydrocarbures à Bahreïn, un immense champ pétrolier en Arabie saoudite, un aéroport au Koweït ainsi qu’un port à Oman.

Dans son premier message depuis son accession au pouvoir, le nouveau guide suprême iranien Mojtaba Khamenei a appelé à la fermeture des bases américaines au Moyen-Orient. Il a également affirmé que l’Iran était capable d’y semer le chaos en réduisant l’offre mondiale de pétrole, appelant à utiliser «le levier du blocage du détroit d’Ormuz», voie stratégique par laquelle transite environ un cinquième du pétrole mondial.

Des sanctions levées

Entre la poursuite de la guerre et la flambée des prix de l’énergie, Donald Trump a assumé ses priorités stratégiques. Selon le président américain, la nécessité de «stopper» l’Iran prime sur les inquiétudes liées aux marchés pétroliers, car il faut selon lui «empêcher un empire du mal, l’Iran, de se doter d’armes nucléaires».

Dans ce contexte de forte tension sur les marchés, le baril de Brent, référence mondiale du pétrole, se négociait toujours au-dessus des 100 dollars vendredi matin, un seuil franchi la veille pour la première fois depuis août 2022.

Pour tenter de contenir la hausse des prix et «accroître la portée mondiale de l’offre existante», les États-Unis ont annoncé jeudi un nouvel assouplissement des sanctions visant la Russie pour sa guerre en Ukraine.

Le département du Trésor américain a ainsi autorisé temporairement, jusqu’au 11 avril, la vente du pétrole russe actuellement stocké sur des navires.

Cette décision a été saluée à Moscou.

«Les États-Unis reconnaissent en fait l’évidence: sans le pétrole russe, le marché mondial de l’énergie ne peut pas rester stable», s’est félicité l’émissaire du Kremlin Kirill Dmitriev.

Par Le360 (avec AFP)
Le 13/03/2026 à 07h32