Des images de l’AFP ont montré le dirigeant vénézuélien sortant d’un avion sous escorte dans un aéroport du nord de New York, puis son arrivée à Manhattan par hélicoptère.
Il devait ensuite rejoindre des locaux de l’agence antidrogue américaine (DEA) puis une prison de Brooklyn, le Metropolitan Detention Center, selon plusieurs médias américains.
Le président vénézuélien doit comparaître à une date indéterminée devant un juge de New York, pour répondre notamment de «narcoterrorisme» et d’importation de cocaïne aux États-Unis.
Nicolas Maduro, 63 ans, et son épouse Cilia Flores, 69 ans, ont été capturés dans la nuit par les forces américaines après des frappes sur Caracas et ses environs, et des mois de pression militaire des États-Unis en mer des Caraïbes.
Malgré la réussite de l’opération, un pari risqué pour Donald Trump, l’avenir immédiat du pays de 30 millions d’habitants reste incertain.
«Nous allons diriger le pays jusqu’à ce que nous puissions procéder à une transition sûre, appropriée et judicieuse», a dit le président américain lors d’une conférence de presse en Floride.
Il n’a cependant pas précisé comment les États-Unis allaient procéder. Et dans les rues de Caracas, aucun signe d’une présence militaire américaine n’était visible, a constaté l’AFP.
M. Trump a déclaré qu’il autoriserait les compagnies pétrolières américaines à se rendre au Venezuela pour exploiter les réserves de brut du pays, ajoutant que les États-Unis étaient prêts à lancer «une seconde attaque plus importante» si besoin.
À ses côtés, le chef d’état-major américain, le général Dan Caine, a donné quelques détails sur l’opération militaire baptisée Absolute Resolve (Détermination absolue).
L’opération «discrète, précise et menée pendant les heures d’obscurité maximale du 2 janvier, est le point culminant de mois de préparation et d’entraînement», a déclaré le général Caine.
Elle a mobilisé plus de 150 avions et le dirigeant vénézuélien et son épouse se sont rendus «sans résister», a-t-il précisé.
«Unique président»
Les États-Unis ont affirmé qu’aucun Américain n’avait été tué lors de l’opération, dont le bilan humain côté vénézuélien reste incertain.
Donald Trump a affirmé au New York Post que «beaucoup de Cubains (avaient) perdu la vie» car «ils protégeaient Maduro», tout en disant ne pas connaître le nombre exact de morts.
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Selon les médias américains, M. Maduro s’appuyait sur des conseillers envoyés par le gouvernement communiste de La Havane, également sanctionné par Washington et proche allié de Caracas.
En conférence de presse, Donald Trump a assuré que la vice-présidente vénézuélienne Delcy Rodriguez avait dit au secrétaire d’État américain Marco Rubio être prête à coopérer avec les États-Unis.
La Cour suprême du Venezuela a confié samedi l’intérim du pouvoir à Mme Rodriguez après avoir constaté «l’enlèvement du président constitutionnel» au cours d’une «agression militaire étrangère».
Mais la Cour n’a pas déclaré M. Maduro définitivement absent, ce qui aurait déclenché une élection présidentielle anticipée sous 30 jours.
Nicolas Maduro est «l’unique président du pays», avait auparavant déclaré Mme Rodriguez, en exigeant sa «libération immédiate».
Sans préciser comment Washington envisageait la suite, Donald Trump a d’ores et déjà disqualifié la cheffe de l’opposition et prix Nobel de la paix, Maria Corina Machado.
«Je pense qu’il lui serait très difficile d’être à la tête du pays. Elle ne bénéficie ni du soutien ni du respect au sein de son pays», a-t-il lancé.
«L’heure de la liberté est arrivée», avait réagi l’opposante après l’annonce de la capture du président vénézuélien, estimant que le candidat de l’opposition à la présidentielle de 2024, Edmundo Gonzalez Urrutia, en exil en Espagne, devait «assumer immédiatement» la présidence.
Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira lundi matin à la demande du Venezuela.
«Rentrer chez nous»
À Caracas, les rues étaient pratiquement désertes samedi, et les rideaux métalliques des magasins sont restés baissés.
Quelque 500 partisans de M. Maduro se sont rassemblés non loin du palais de Miraflores, le palais présidentiel à Caracas.
«Comment se fait-il qu’un gouvernement étranger vienne s’ingérer dans le pays et en expulse le président? (...) C’est la force du caïd de quartier», a déploré Katia Briceño, une professeure d’université de 54 ans.
À l’inverse, des milliers de Vénézuéliens exilés, sur les huit millions qui ont fui leur pays en proie à une crise politique et économique sans fin, se sont rassemblés dans plusieurs villes du monde pour célébrer la chute de Nicolas Maduro.
«Enfin nous allons avoir un pays libre. Enfin nous allons pouvoir rentrer chez nous», a dit à l’AFP Yurimar Rojas, vendeur ambulant à Santiago du Chili.










