Bolivie: crash meurtrier d’un avion militaire chargé de billets de banque, pillages et chaos après l’accident

Scène du crash de l'avion militaire bolivien à El Alto, près de La Paz, transportant une importante somme d'argent en billets de banque, dans la nuit du vendredi 27 février. AFP or licensors

Au moins 20 personnes ont été tuées vendredi dans le crash sur l’aéroport d’El Alto, près de La Paz, d’un avion militaire bolivien qui transportait des billets de banque ce qui a déclenché une ruée de riverains pour tenter de récupérer l’argent éparpillé.

Le 28/02/2026 à 08h48

La collision de l’avion de transport C-130 Hercules avec une route après son atterrissage manqué a fait au moins 20 morts, a déclaré à la presse, sur les lieux de l’accident, le chef de la division des homicides de la police, le colonel René Tambo.

Au moins 28 blessés ont été pris en charge, avait signalé plus tôt le ministère de la Santé. Les hôpitaux de la ville ont lancé une campagne de don du sang pour venir en aide aux blessés. L’autorité de navigation aérienne et des aéroports boliviens (NAABOL), a indiqué dans un communiqué qu’un «aéronef de la Force aérienne bolivienne C-130», en provenance de la ville de Santa Cruz (est), a provoqué un accident à l’«aéroport international d’El Alto», le deuxième plus important de Bolivie, dont les opérations ont été suspendues temporairement.

Des morceaux du fuselage détruit du C-130 Hercules de l’armée de l’air bolivienne gisaient dans une rue d’El Alto, entourés de voitures également gravement endommagées, selon des images prises sur place par l’AFP.

Le président Rodrigo Paz a exprimé toute sa solidarité et ses condoléances aux familles des personnes décédées et blessées. «C’est un jour de grande douleur», a déclaré le chef de l’État sur le réseau social X.

Pillages

«Il tombait une forte grêle et il y avait des éclairs», a raconté à l’AFP Cristina Choque, une vendeuse de 60 ans, affirmant que sa voiture avait été percutée par un pneu de l’appareil et que sa fille a une blessure à la tête.

La femme et sa famille sont restées à l’intérieur du véhicule accidenté par crainte d’être détroussées par la foule.

L’avion, en provenance de Santa Cruz (est), transportait des billets émis par la Banque centrale qui se sont éparpillés au sol, obligeant la police à intervenir avec des gaz lacrymogènes pour écarter la foule qui tentait d’en récupérer, selon des images de télévision.

Un groupe a même tenté avec insistance d’accéder aux cargaisons qui se trouvaient à l’intérieur de l’appareil, mais sans succès, ont constaté des journalistes de l’AFP.

«L’argent transporté dans l’aéronef accidenté ne porte ni numérotation ni série officielle et est, par conséquent, dépourvu de valeur légale et d’un quelconque pouvoir d’achat. Sa collecte, sa possession ou son utilisation constituent une infraction», a prévenu le ministère de la Défense dans un communiqué.

L’institution a indiqué que les causes de l’accident étaient encore inconnues, et a annoncé la création d’une commission d’enquête chargée de les déterminer.

Les caisses contenant les billets de banque ont été brûlées pendant la nuit sur place à la demande des autorités.

Le parquet de La Paz a par ailleurs dénoncé des pillages de commerces dans la zone par des personnes profitant du chaos ambiant et «il y a eu 12 interpellations», a déclaré le procureur Luis Carlos Torres à la presse.

Le drame s’est produit dans l’une des zones les plus densément peuplées du plateau andin, à plus de 4.000 mètres d’altitude, où les conditions météorologiques peuvent changer brutalement. Selon plusieurs témoins, l’appareil aurait tenté une manœuvre d’atterrissage dans un contexte de visibilité réduite, avant de perdre de l’altitude et de heurter une voie routière bordant l’aéroport. L’impact a provoqué une scène de désolation: carcasse disloquée, débris éparpillés sur plusieurs dizaines de mètres, véhicules écrasés ou incendiés.

Les équipes de secours, pompiers et militaires ont travaillé pendant des heures pour extraire les victimes coincées dans les tôles. Des ambulances ont effectué des rotations continues vers les hôpitaux de La Paz et d’El Alto, où des cellules d’urgence ont été activées. Les autorités locales ont également mis en place un périmètre de sécurité élargi afin d’empêcher l’accès aux curieux et de faciliter les opérations de déblaiement.

La présence de billets de banque parmi la cargaison a cependant compliqué la gestion de la catastrophe. Des images diffusées sur les réseaux sociaux montrent des habitants ramassant des liasses éparpillées sur l’asphalte, tandis que d’autres tentaient de s’approcher des restes de l’appareil. Cette ruée soudaine a accentué la tension sur les lieux, forçant les forces de l’ordre à disperser la foule pour éviter de nouveaux blessés.

L’ouverture d’une enquête officielle devra déterminer si les conditions climatiques, une éventuelle défaillance technique ou une erreur humaine sont à l’origine du crash. La commission annoncée par les autorités devra également examiner les protocoles de transport de fonds par voie aérienne militaire, une pratique rare mais sensible dans un pays confronté à des défis logistiques importants.

En attendant les conclusions, la Bolivie est plongée dans le deuil. Les drapeaux pourraient être mis en berne et une cérémonie nationale d’hommage aux victimes est envisagée. Au-delà du choc humain, l’accident soulève des interrogations sur la sécurité aérienne et la gestion des crises dans un contexte de catastrophe mêlée à des troubles publics.

Par Le360 (avec AFP)
Le 28/02/2026 à 08h48