Après les frappes au Liban, des pourparlers avec Israël se profilent à Washington

Des secouristes transportent un corps depuis le site d'une frappe aérienne israélienne qui a visé un bâtiment dans le village de Sarafand, au sud du Liban, le 27 mars 2026. AFP or licensors

Des pourparlers entre le Liban et Israël sont prévus la semaine prochaine à Washington, a indiqué jeudi un responsable américain, après des frappes meurtrières de l’armée israélienne contre le pays voisin, qui font peser un risque sur la trêve précaire conclue entre les Etats-Unis et l’Iran.

Le 10/04/2026 à 07h00

«Nous pouvons confirmer que le département d’État accueillera une réunion la semaine prochaine pour discuter des négociations de cessez-le-feu avec Israël et le Liban», a dit ce responsable à l’AFP sous couvert de l’anonymat.

Après un appel à la retenue de Donald Trump, Benjamin Netanyahu a annoncé jeudi avoir ordonné à son cabinet d’engager des «négociations directes» avec le Liban.

Selon le Premier ministre israélien, ces négociations, inédites depuis des décennies, «porteront sur le désarmement du Hezbollah» et sur «l’établissement de relations de paix» entre les deux pays, toujours techniquement en état de guerre.

Le Liban veut cependant «un cessez-le-feu avant tout début de négociations», a déclaré à l’AFP un responsable libanais ayant requis l’anonymat.

De son côté, le Hezbollah pro-iranien a rejeté toute négociation directe entre le Liban et Israël, appelant au «retrait israélien» du sud du pays.

Retenue

Benjamin Netanyahu avait toutefois averti auparavant que les frappes contre le Hezbollah se poursuivraient afin de rétablir la «sécurité pour les habitants du nord» d’Israël.

Dans la soirée, l’armée israélienne a ainsi annoncé avoir commencé à frapper des «sites de tir» du Hezbollah au Liban.

Après deux jours de cessez-le-feu, la communauté internationale redoute que celui-ci ne soit compromis par la poursuite de la campagne israélienne au Liban.

À Beyrouth, l’heure était encore à la recherche de victimes après les frappes menées simultanément par Israël sur plusieurs régions mercredi, qui ont fait plus de 300 morts et un millier de blessés.

Dans le quartier résidentiel d’Ain el-Mreisseh, proche de la mer, des corps gisent encore sous l’amas de pierres et de métal, d’où émergent, ici un bulletin de notes, là une peluche.

«Regardez, ce sont des cahiers, des cours, des livres! Où est le Hezbollah ici?», s’est insurgé Khaled Salam, sur place.

Donald Trump a confirmé jeudi à NBC News avoir plaidé la retenue auprès de Benjamin Netanyahu, après qu’Axios a fait état d’échanges téléphoniques mercredi entre les deux hommes et l’émissaire américain Steve Witkoff.

Le Premier ministre britannique Keir Starmer a, lui, jugé «inacceptable» la poursuite des attaques d’Israël contre le Liban lors d’une tournée dans le Golfe.

Obstacles

Le Pakistan, médiateur dans le conflit, avait souligné, en annonçant le cessez-le-feu, que celui-ci s’appliquait «partout, y compris au Liban», ce que démentent Israël et Washington.

Le pays doit accueillir à partir de vendredi des négociations entre Iraniens et Américains, ces dernières étant menées par le vice-président JD Vance.

Mais avant même le début des négociations, les obstacles s’amoncellent, d’autant plus après le message publié sur X par le ministre pakistanais de la Défense, Khawaja Asif, qui a qualifié Israël de «diabolique» et de «malédiction sur l’humanité», l’accusant de commettre un génocide au Liban.

Un message que les services du Premier ministre israélien ont qualifié de «scandaleux».

«Ce ne sont pas des déclarations qui peuvent être tolérées de la part de n’importe quel gouvernement, particulièrement d’un qui se revendique comme médiateur neutre pour la paix», ont-ils répondu sur X.

Auprès de NBC News, Donald Trump s’est dit «très optimiste» quant à la possibilité de conclure un accord de paix, malgré l’écart entre les positions des deux pays.

«Mauvais boulot»

Le chef de l’Organisation iranienne de l’énergie atomique a, lui, exclu d’emblée toute restriction du programme d’enrichissement d’uranium de son pays, une exigence fondamentale des Etats-Unis et d’Israël, qui accusent l’Iran de vouloir se doter de la bombe atomique, ce que Téhéran nie.

Un pétrolier non iranien, le premier depuis le cessez-le-feu, a franchi jeudi le détroit d’Ormuz, dont la réouverture constituait l’une des conditions du cessez-le-feu.

Mais le trafic via cette voie maritime essentielle au commerce mondial est encore loin d’un retour à la normale, et Donald Trump a mis en garde jeudi l’Iran contre toute velléité d’instaurer un péage.

Le président américain a fait état, dans un message publié sur sa plateforme Truth Social, «d’informations selon lesquelles l’Iran fait payer des frais aux pétroliers traversant le détroit d’Ormuz».

«Ils ont intérêt à ne pas le faire, et si c’est le cas, ils feraient mieux d’arrêter maintenant!», a-t-il ajouté, accusant l’Iran de faire «vraiment du mauvais boulot, indigne certains diraient, pour permettre au pétrole de traverser le détroit d’Ormuz».

Par Le360 (avec AFP)
Le 10/04/2026 à 07h00