Le secteur touristique affiche des signaux contrastés au début de 2026. Au moment où les arrivées touristiques internationales ont connu un net ralentissement, les recettes de voyages poursuivent leur forte ascension.
En effet, selon les derniers chiffres de l’Office des changes sur les échanges extérieurs, les recettes voyages ont enregistré un bond de 22,2% à fin février 2026, s’élevant à 21,18 milliards de dirhams (MMDH).
Cette performance contraste nettement avec l’évolution des arrivées. En fait, au cours des deux premiers mois de cette année, le Maroc a accueilli 2,7 millions de touristes internationaux, en hausse de seulement 1% par rapport à fin février 2025, selon les derniers chiffres publiés par l’Observatoire du tourisme. Sur le seul mois de février, les arrivées sont en baisse de 2% à 1,4 millions. Cette évolution tranche nettement avec la dynamique observée ces dernières années.
Cette légère hausse masque toutefois des disparités significatives. Les marchés émetteurs traditionnels continuent certes de dominer, les cinq premiers pays, à savoir la France, l’Espagne, le Royaume-Uni, l’Italie et la Belgique, représentant à eux seuls 70% des arrivées totales.
De nouveaux relais de croissance
Toutefois, cette domination devient moins écrasante avec la montée de nouveaux marchés, permettant au Maroc de récolter les fruits de ses efforts de diversification.
Ainsi, les arrivées en provenance de France n’ont progressé que de 1%, à 415.000, ce qui n’empêche pas l’Hexagone de rester le premier marché émetteur avec 29% de parts de marché. En Espagne, les arrivées ont chuté de 13%, à 275.000, pour une part de 20%. Même tendance pour le Royaume-Uni, dont les arrivées se sont repliées de 11%, ramenant sa part à 7%.
En revanche, l’Italie et la Belgique, autres marchés émetteurs traditionnels du Maroc, ont tiré leur épingle du jeu avec des progressions respectives de 6% et 5%.
En parallèle, certains marchés émergents ont affiché de bonnes performances et s’imposent progressivement comme des relais de croissance prometteurs. C’est le cas notamment de la Pologne (+46%), des États-Unis (+11%) et des Pays-Bas (+5%).
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L’analyse par point d’entrée fait ressortir une accentuation de la domination de la voie aérienne, avec 2,09 millions d’arrivées touristiques internationales à fin février, soit plus de 78% du total, contre 401.000 arrivées par voie terrestre et 179.000 par voie maritime.
L’aéroport de Marrakech-Ménara arrive en tête avec 30% du total, soit 798.000 arrivées, suivi notamment de l’aéroport Casablanca Mohammed V (18%), du point d’entrée terrestre Bab Sebta (9%), ainsi que des aéroports Agadir Al Massira (9%), Tanger Ibn Battouta (6%) et Rabat-Salé (5%).
Une dynamique qui se confirme
Ce décalage marqué entre l’évolution des arrivées touristiques internationales et celle des recettes voyages montre que la dépense moyenne par touriste progresse de manière significative, sans doute portée par une hausse des nuitées, un allongement des séjours ou encore une orientation vers des offres à plus forte valeur ajoutée.
Pour rappel, les recettes voyages ont enregistré un bond de 20,6% en 2025, dépassant 138 MMDH, portées par un nombre record de 19,8 millions de touristes, en hausse de 14% par rapport à 2024. Comparées à la période d’avant-crise, les arrivées touristiques ont progressé de 53%.




