Nommée à la tête de la holding Al Mada, Noufissa Kessar devient la première femme à diriger ce géant de l’investissement marocain. Sa mission prioritaire sera de piloter la stratégie du groupe vers les secteurs d’avenir, en consolidant sa présence dans des domaines clés pour l’économie du Maroc et de l’Afrique. La nomination de Noufissa Kessar s’inscrit dans une logique de continuité et de choix stratégique réfléchi, indique le magazine hebdomadaire Challenge. Elle devra à la fois renforcer la compétitivité du groupe et l’adapter aux mutations économiques actuelles, qu’il s’agisse de financement de technologies vertes ou d’expansion sur les marchés africains en forte croissance.
Polytechnicienne, banquière expérimentée et ancienne directrice générale d’Attijariwafa Bank, elle prend les rênes du premier fonds d’investissement privé du pays à 59 ans, incarnant à la fois l’expertise technique et la mémoire institutionnelle du groupe. Son parcours au sein de la holding remonte à juin 2014, lorsqu’elle rejoint la SNI en tant que directrice exécutive, bien avant sa transformation en Al Mada en 2018, rappelle Challenge. Elle accompagne le groupe dans sa réorganisation vers un modèle de fonds d’investissement panafricain, orienté vers la création de valeur durable. Pendant plus de dix ans, elle travaille aux côtés de Hassan Ouriaghli, consolidant une connaissance approfondie des différentes branches du groupe. Elle siège également dans les conseils d’administration de filiales stratégiques telles que Managem, Sopriam, Optorg et Royal Air Maroc, ce qui lui permet d’avoir une vision complète des enjeux sectoriels et des synergies économiques. Selon plusieurs analystes, son compagnonnage avec Ouriagli rend sa succession presque naturelle et rassure sur la continuité des orientations stratégiques du groupe.
La nomination de Noufissa Kessar revêt également une forte portée symbolique. Dans un secteur souvent dominé par les hommes, sa désignation envoie un message puissant, tant en interne qu’à l’ensemble de l’environnement économique marocain. Mais au-delà du symbole, cette nomination traduit une stratégie claire face aux défis contemporains. Alors que les marchés africains se restructurent et que les investisseurs exigent transparence, durabilité et résilience, Al Mada doit consolider ses fondamentaux: discipline financière, innovation et création de valeur à long terme. Sous la direction de Kessar, le groupe entend soutenir les projets structurants du Royaume tout en renforçant son rayonnement panafricain, en mettant l’accent sur la transition énergétique, la technologie et l’investissement durable, a-t-on pu lire dans Challenge.
Le profil de Noufissa Kessar illustre une trajectoire exceptionnelle dans le paysage économique marocain. Diplômée de l’École Polytechnique Fédérale de Lausanne, elle débute sa carrière en Suisse chez Nestlé avant de revenir au Maroc dans les années 1990, où elle rejoint BCM, futur Attijariwafa Bank. Elle y gravit rapidement les échelons, prenant la direction de la division des grands groupes, créant et pilotant Attijari Finances Corp, la première banque d’affaires du pays, et mettant en place la direction des financements structurés. Cette expérience lui a permis de développer une expertise pointue dans les opérations financières complexes et la gestion de projets d’envergure, tout en contribuant au lancement de l’activité de Private Banking, renforçant ainsi la sophistication des services financiers au Maroc.
Citée par Challenge, Afifa Ouazzani Boutaleb, membre fondatrice de l’AFEM, affirme que la nomination de Noufissa Kessar constitue un signal fort pour la jeunesse féminine compétente et motivée. Elle souligne le rôle croissant du leadership féminin dans le monde des affaires et rappelle le message du roi Mohammed VI, selon lequel aucune économie ne peut exploiter pleinement son potentiel si les femmes sont mises à l’écart. Ce nouveau chapitre marque une avancée symbolique et pratique vers un Maroc où la compétence et l’intuition féminines trouvent leur place à des postes stratégiques. Sous la houlette de Kessar, Al Mada oriente ses investissements vers des secteurs structurants pour l’économie africaine et pour l’intégration Sud-Sud. Le groupe investit notamment dans les start-ups, noue des partenariats avec des acteurs continentaux et développe des projets de recherche sur des technologies prometteuses.
Parmi ses priorités, figure l’électrification et la transition énergétique, à travers des initiatives comme la joint-venture avec CNGR pour la production de matériaux pour batteries lithium-ion, ou la participation de Nareva dans l’hydrogène vert. Ce dernier, produit à partir de sources renouvelables, apparaît comme une solution-clé à même de décarboner les industries et les transports, contribuant à un avenir énergétique plus propre et à la valorisation des ressources locales.
L’agro-industrie est également un secteur ciblé par Al Mada, via sa participation TERALYS, afin de renforcer l’autosuffisance alimentaire, stimuler l’intégration industrielle régionale et créer des emplois durables. Avec cette stratégie, Al Mada confirme son rôle de catalyseur d’investissements structurants et de création de valeur à long terme. La rigueur méthodologique et l’expertise technique de sa nouvelle dirigeante sont perçues comme des atouts majeurs pour affronter les cycles économiques volatils et relever les défis socio-économiques croissants. La holding s’affirme ainsi comme un acteur-clé du développement économique marocain et africain, capable de conjuguer vision stratégique, innovation et engagement, pour une croissance durable.








