Moins de coûts, plus de rendement: comment le semis direct change les pratiques agricoles à Oujda-Angad

Vue du semoir utilisé pour le semis direct dans les champs d’Oujda-Angad. (M.Chellay/Le360)

Le 20/01/2026 à 09h05

VidéoL’agriculture à Oujda-Angad connaît un tournant majeur. Face aux défis climatiques et à la hausse des coûts, la province adopte désormais le semis direct, une technique qui permet de semer sans labourer.

Oujda-Angad change de cap agricole. Face aux défis climatiques croissants et à la hausse des coûts de production, la province d’Oujda-Angad mise sur le semis direct pour moderniser son agriculture et améliorer la productivité des terres.

Cette technique consiste à semer directement sans labourer, à l’aide de semoirs spécifiques, ce qui permet de préserver la structure du sol, d’améliorer sa fertilité et de réduire les coûts liés au carburant et au labour traditionnel.

Pour faciliter l’adoption de cette technique, 12 semoirs ont été mis à disposition de coopératives de services agricoles, principalement de jeunes. Selon Mohammed Lafdili, directeur provincial de l’Agriculture à Oujda, «ces machines permettent de semer sans labourer, de préserver l’eau dans le sol, d’améliorer sa fertilité sur le moyen et long terme, de réduire les coûts de production et de limiter les émissions de CO₂ liées au labour traditionnel».

La mise en œuvre de cette initiative couvre l’ensemble des communes relevant de la province. Les récentes pluies ont permis de semer environ 600 hectares en semis direct, avec un objectif de 3.000 hectares pour la saison en cours. «Notre objectif est de cultiver plus de 4.500 hectares selon cette méthode d’ici 2030, ce qui illustre l’importance stratégique de ce projet pour la région. L’adhésion des agriculteurs s’accroît au fil du temps, surtout après qu’ils ont pu constater les résultats sur le terrain», souligne M. Lafdili.

Pour accompagner ce changement, le ministère de l’Agriculture organise des formations et journées pratiques. Ces sessions, en partenariat avec l’Institut national de la recherche agronomique, la Chambre d’agriculture et l’Office national du conseil agricole, permettent d’expliquer le fonctionnement des machines et leur utilisation optimale. «Le travail avec cette technique a commencé il y a deux ans, et ses effets deviennent plus visibles à chaque saison», ajoute le directeur provincial.

Du côté des coopératives, Chafae Lkanani, présidente d’une coopérative de services agricoles de jeunes, souligne l’importance de l’implication des jeunes: «Avoir accès à la machine de semis direct est une réelle opportunité pour accompagner les agriculteurs et suivre l’évolution des pratiques. Les méthodes traditionnelles ne répondent plus aux besoins actuels, tandis que les nouvelles techniques offrent des perspectives concrètes pour améliorer la production et la rentabilité.»

Pour les exploitants, les avantages sont déjà visibles sur le terrain. Abdelkader Mellouk, cultivateur dans la région de Ouled Abbas, explique: «Le semis direct simplifie le travail, en combinant labour et semis en une seule opération et à un coût accessible. Avant, les méthodes classiques demandaient beaucoup d’efforts et coûtaient cher. Aujourd’hui, la technique est plus simple et à la portée de tous.»

Il note que cette méthode permet également l’application d’engrais en même temps que le semis, ce qui contribue à de meilleurs rendements.

Par Mohammed Chellay
Le 20/01/2026 à 09h05