Le secteur automobile marocain face à la baisse des exportations

L'usine d'assemblage automobile Somaca, de Renault Group Maroc, à Casablanca.

Revue de pressePour la première fois depuis l’essor de l’industrie automobile au Maroc, les exportations de véhicules connaissent un recul, entraînées par la transition électrique en Europe et la concurrence des constructeurs chinois. Face à cette situation, les usines Renault, Stellantis et Somaca engagent une profonde transformation pour renforcer leur compétitivité et préparer la mobilité électrique de demain. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 13/01/2026 à 20h08

Pour la première fois depuis l’essor de l’industrie automobile au Maroc, impulsé par l’implantation des usines Renault et Stellantis, le secteur enregistre une baisse significative de ses exportations. «Selon le ministre de l’Industrie, Ryad Mezzour, les véhicules produits dans le royaume ont connu en 2025 un recul de 15% à l’export. Cette situation s’inscrit dans un contexte mondial particulièrement complexe, marqué par une transformation rapide des habitudes de mobilité et une concurrence accrue sur les marchés internationaux», explique le quotidien L’Economiste dans son édition du 13 et 14 janvier.

L’industrie automobile mondiale a traversé une année difficile, dominée par l’accélération de l’électrification. L’Europe, principal client des véhicules marocains, a amorcé un virage rapide vers les motorisations électriques et hybrides, réduisant mécaniquement la demande pour les moteurs thermiques majoritairement produits dans les usines marocaines. À cette dynamique s’ajoute l’offensive des constructeurs chinois, qui ont su imposer leur compétitivité par des prix agressifs et une électrification rapide de leurs modèles. Selon plusieurs analystes, cette concurrence asiatique a grignoté des parts de marché importantes en Europe et sur le marché marocain, impactant directement les exportations nationales de véhicules finis.

«Les difficultés rencontrées ne se limitent pas à la demande extérieure. La production locale a également été affectée par des problèmes sur certains modèles stratégiques pour l’export, notamment des rappels qui ont freiné les ventes», écrit L’Economiste. Dans ce contexte, le marché européen, qui absorbe depuis plusieurs années près de 70% des véhicules produits au Maroc, a vu ses volumes diminuer, tandis que la filière automobile nationale se retrouvait confrontée à un impératif de transformation.

Face à ces défis, les acteurs industriels ont entrepris une série de réformes pour préparer 2026, que le ministre Mezzour qualifie d’année de transition majeure. L’usine Somaca à Casablanca a renouvelé sa gamme Dacia, intégrant désormais des moteurs hybrides et GPL, afin de mieux répondre aux normes européennes et de renforcer ses capacités d’export. Stellantis, à Kénitra, a engagé un plan d’investissement de 1,4 milliard de dollars, doublant sa capacité de production et mettant l’accent sur les quadricycles électriques. Renault, à Tanger, poursuit sa stratégie de décarbonation et d’électrification, avec le lancement du Mobilize Duo, un véhicule 100% électrique, et l’installation de parcs photovoltaïques de 11 MW pour alimenter ses lignes en énergie verte.

«Ces transformations visent à renforcer l’agilité et la compétitivité de la filière», souligne L’Economiste. Le ministre insiste sur la nécessité pour les dirigeants, ingénieurs et opérateurs de repenser leurs méthodes et d’adopter de nouvelles approches technologiques et industrielles pour rester dans la course mondiale. Selon les experts, trois facteurs principaux expliquent la baisse des exportations en 2025: la transition électrique en Europe, les problèmes techniques de certains modèles marocains et l’intensification de la concurrence chinoise.

Si la situation actuelle illustre les fragilités du modèle de production marocain, elle offre également une opportunité de réinvention. Les investissements dans l’électrification, la modernisation des process et la diversification des gammes montrent que le pays prend le tournant technologique à bras-le-corps. Pour 2026, l’objectif est de faire des usines marocaines des hubs de la mobilité électrique et hybride, capables de répondre aux exigences du marché européen tout en préservant leur compétitivité face à des rivaux de plus en plus agressifs. Le Maroc se trouve ainsi à un carrefour stratégique, où innovation et adaptation seront déterminantes pour maintenir sa place sur la carte mondiale de l’industrie automobile.

Par La Rédaction
Le 13/01/2026 à 20h08