Le nouveau port Nador West Med prêt à entrer en service fin 2026: ce qu’il faut retenir

Le port Nador West Med entrera en service au quatrième trimestre 2026.

Avec une mise en exploitation programmée pour le quatrième trimestre 2026, Nador West Med s’impose comme l’un des plus importants projets portuaires et industriels en cours au Maroc. Le complexe mobilise 51 milliards de dirhams d’investissements publics et privés et ambitionne de capter une part croissante des flux maritimes en Méditerranée occidentale.

Le 29/01/2026 à 15h15

Le port Nador West Med entrera en service au quatrième trimestre 2026. L’annonce a été faite lors d’une réunion de travail présidée par le roi Mohammed VI, mercredi 28 janvier 2026 au Palais royal de Casablanca, consacrée à l’état d’avancement de ce complexe portuaire et industriel. Le président du Conseil d’administration de Nador West Med, Fouad Brini, y a présenté les réalisations à date, les investissements engagés et le calendrier opérationnel du projet.

Situé à environ 130 miles nautiques du détroit de Gibraltar, le site vise à renforcer la présence du Maroc sur les grandes routes maritimes reliant l’Europe, l’Afrique, la Méditerranée et l’Atlantique. Le projet est conçu comme un complément à Tanger Med, avec pour objectif la diversification des flux maritimes et une meilleure répartition des capacités portuaires à l’échelle nationale.

Nador West Med repose sur un modèle intégré associant un complexe portuaire de nouvelle génération à une plateforme industrielle, logistique et énergétique. À ce jour, l’investissement global public et privé atteint 51 milliards de dirhams.

Sur le plan portuaire, 13,7 milliards de dirhams d’investissements publics ont permis la réalisation des infrastructures de base, incluant 5,4 kilomètres de digues, près de 4 kilomètres de quais et quatre postes énergétiques. L’ensemble des capacités conteneurs de la première phase a déjà été attribué à des armateurs internationaux.

Le premier terminal à conteneurs, d’un linéaire de quai de 1.520 mètres, entrera en exploitation dès 2026 avec une capacité annuelle de 3,5 millions d’EVP. Le deuxième terminal à conteneurs, long de 900 mètres, sera mis en service en 2027 et offrira une capacité annuelle de 1,8 million d’EVP supplémentaires. Les concessions portuaires représentent plus de 11 milliards de dirhams d’investissements privés, garantissant un niveau d’activité significatif dès le lancement du port.

Le projet comprend également un pôle énergétique structurant avec la mise en place du premier terminal de gaz naturel liquéfié du Royaume, doté d’une capacité annuelle de 5 milliards de mètres cubes, ainsi qu’un terminal hydrocarbures adossé à une zone de stockage capable de traiter jusqu’à 25 millions de tonnes par an. Ces infrastructures entreront en service à partir de 2027 et contribueront à la sécurité d’approvisionnement énergétique du pays.

Par ailleurs, le port intégrera un terminal de marchandises diverses d’un linéaire de quai de 540 mètres et d’une capacité de 3 millions de tonnes, concédé à Marsa Maroc, ainsi qu’un terminal de vrac solide de 360 mètres de quai pouvant traiter jusqu’à 7 millions de tonnes par an. Les deux terminaux seront opérationnels en 2027.

Adossée au complexe portuaire, une première phase de zones industrielles et logistiques couvrira une superficie de 700 hectares, pour un investissement public de 3,2 milliards de dirhams. Des engagements privés à hauteur de 9 milliards de dirhams ont déjà été confirmés par les premières entreprises industrielles. Les infrastructures de connexion aux réseaux routiers, autoroutiers, ferroviaires et électriques mobilisent un investissement supplémentaire de 14 milliards de dirhams, assurant l’intégration du site dans les chaînes logistiques nationales. L’alimentation électrique du complexe reposera en partie sur des sources renouvelables issues des capacités éoliennes et solaires de la région.

Sur le plan de l’emploi, le projet devrait générer près de 14.000 emplois directs à court terme. Ce chiffre pourrait atteindre 50.000 emplois directs à l’horizon 2035, auxquels s’ajouteraient environ 90.000 emplois indirects. Les retombées attendues concernent principalement les activités industrielles, logistiques, portuaires et énergétiques dans la région de l’Oriental.

Les investissements privés déjà sécurisés, estimés à 20 milliards de dirhams, traduisent l’intérêt d’opérateurs internationaux pour la plateforme.

Avec Nador West Med, le Maroc se dote d’un second hub portuaire majeur sur la façade méditerranéenne, destiné à soutenir les échanges commerciaux, l’industrie et l’approvisionnement énergétique du pays.

Par Wadie El Mouden
Le 29/01/2026 à 15h15