Le Maroc, futur hub mondial de l’hydrogène vert et de la décarbonation maritime

Tanger Med

Revue de presseGrâce à sa position géographique stratégique, à ses ressources abondantes en énergies renouvelables et à son potentiel de production d’hydrogène à faible coût, le Maroc se positionne comme un acteur clé de la transition énergétique du transport maritime. Ses ports, déjà prêts à accueillir et distribuer ce carburant vert, pourraient jouer un rôle déterminant dans la décarbonation des flottes et l’exportation vers l’Europe. Cet article est une revue de presse tirée du quotidien L’Economiste.

Le 11/03/2026 à 21h18

Le Maroc s’impose de plus en plus comme un acteur incontournable de la transition énergétique mondiale, et plus particulièrement dans le secteur du transport maritime. Selon un récent article publié par la Banque mondiale, repris par le quotidien L’Economiste dans son édition du jeudi 12 mars, le Royaume dispose d’atouts exceptionnels pour devenir un moteur de cette révolution énergétique. Sa position géographique stratégique, à la croisée des grandes routes maritimes, combinée à l’abondance de ses ressources en énergies renouvelables et à son potentiel de production d’hydrogène vert à faible coût, en font un candidat naturel pour répondre à une demande mondiale croissante.

Les ports marocains pourraient jouer un rôle central dans cette mutation. D’après l’étude de l’institution de Bretton Woods, des infrastructures comme Tanger Med, Mohammedia, Jorf Lasfar ou Tan-Tan sont prêtes à devenir des plaques tournantes pour la production, le stockage et l’exportation d’hydrogène vert. Les navires faisant escale dans ces ports pourraient nécessiter environ 0,2 million de tonnes d’hydrogène équivalent en carburant dès 2030, et jusqu’à 2,83 millions de tonnes à l’horizon 2050. L’hydrogène produit pourrait être transformé en ammoniac ou en méthanol, des carburants verts capables de remplacer progressivement les énergies fossiles dans le transport maritime, lit-on dans L’Economiste.

L’enjeu est double pour le secteur maritime mondial, confronté à une demande croissante tout en devant réduire drastiquement ses émissions de carbone. La transition vers des carburants bas carbone apparaît désormais comme une nécessité. Dans ce contexte, les dérivés de l’hydrogène vert offrent une solution prometteuse et permettent d’envisager une décarbonation progressive des flottes, tout en créant de nouvelles opportunités économiques pour les pays producteurs. Le Maroc, grâce à ses conditions naturelles et à sa politique énergétique volontariste, se trouve idéalement positionné pour tirer parti de cette dynamique.

Au-delà du transport maritime, l’hydrogène vert peut transformer d’autres secteurs. L’exemple du port de Jorf Lasfar est révélateur : ce site traite déjà environ deux millions de tonnes d’ammoniac par an, ce qui en fait un lieu stratégique pour intégrer les dérivés de l’hydrogène vert dans les procédés industriels existants, notamment pour la production d’engrais, contribuant ainsi à la décarbonation de l’agriculture. Par ailleurs, l’énergie renouvelable excédentaire générée par la production d’hydrogène peut être utilisée localement pour améliorer l’accès à l’eau potable et renforcer l’approvisionnement en électricité, apportant des bénéfices directs aux communautés environnantes.

«Le potentiel marocain ne passe pas inaperçu à l’échelle européenne», note le quotidien. Dans le cadre de son initiative REPowerEU, l’Europe devrait importer plus de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert par an d’ici 2030. La proximité géographique du Maroc et sa capacité à produire de l’hydrogène à grande échelle en font un partenaire naturel. Les voies maritimes traversant le détroit de Gibraltar accentuent encore cette position, faisant du Royaume un carrefour stratégique pour la distribution de carburants verts vers les marchés européens.

Le développement de la filière de l’hydrogène vert est également porteur de croissance économique et d’emplois. Selon la Banque mondiale, cette industrie naissante pourrait générer des revenus supplémentaires tout en renforçant l’indépendance énergétique du pays. Elle s’inscrit dans une stratégie globale visant à positionner le Maroc non seulement comme un hub régional, mais aussi comme un acteur majeur de la transition énergétique mondiale. Avec ses ports, ses ressources naturelles et son ambition politique, le Royaume semble prêt à embarquer sur la voie d’une nouvelle ère énergétique, où l’hydrogène vert pourrait devenir l’un des moteurs de sa croissance durable.

Par La Rédaction
Le 11/03/2026 à 21h18