Guerre au Moyen-Orient: Le gouvernement met en avant la solidité de l’économie marocaine

Mustapha Baïtas, ministre délégué auprès du chef du gouvernement chargé des Relations avec le parlement, et porte-parole du gouvernement. (Y.Mannan/Le360)

Le 12/03/2026 à 18h15

VidéoFace aux incertitudes provoquées par la guerre au Moyen-Orient, le gouvernement marocain se veut rassurant. S’appuyant notamment sur la récente évaluation de l’agence Moody’s et sur plusieurs indicateurs macroéconomiques jugés solides, l’Exécutif assure que l’économie nationale dispose des ressources nécessaires pour absorber d’éventuelles répercussions de la crise régionale.

Le Maroc dispose d’un socle économique suffisamment solide pour atténuer d’éventuelles répercussions liées notamment au contexte de la guerre au Moyen-Orient. C’est le message qu’a mis en avant le gouvernement ce jeudi à Rabat, en s’appuyant sur la récente notation de l’agence Moody’s concernant le Royaume.

Cette position a été exprimée par le porte-parole du gouvernement, Mustapha Baïtas, lors du point de presse hebdomadaire tenu à l’issue du conseil de gouvernement présidé par le chef de l’Exécutif, Aziz Akhannouch.

En ouverture de son intervention, Mustapha Baïtas a souligné que la notation attribuée par Moody’s marque une amélioration de la perspective accordée au Maroc, une première depuis 29 ans. L’agence a en effet maintenu la note souveraine du Royaume à Ba1, tout en relevant sa perspective de stable à positive, dans une décision datée du 6 mars 2026. Pour rappel, la notation Moody’s correspond à une évaluation du risque de crédit, autrement dit de la solvabilité d’un État, et mesure sa capacité à honorer le remboursement de ses dettes. L’agence s’appuie pour cela sur une échelle de lettres décroissante, allant de Aaa à C, qui permet de classer les émetteurs entre catégories d’investissement jugées sûres et catégories spéculatives considérées comme plus risquées.

Le porte-parole du gouvernement a également rappelé que le conseil de gouvernement a réaffirmé que «les Hautes orientations royales ont permis à l’économie nationale d’atteindre des résultats positifs de manière ascendante, malgré les divers contextes».

Selon les données présentées, les indicateurs macroéconomiques pour l’année 2025 témoignent d’une certaine résilience. Les autorités mettent notamment en avant la maîtrise du niveau d’inflation, la réduction du déficit budgétaire ainsi que la baisse de l’endettement du Trésor, qui s’établit désormais à 67,2% du PIB.

Dans le détail, le déficit budgétaire s’est établi à 3,5%, tandis que l’inflation a nettement reculé pour atteindre 0,8%. Quant aux investissements directs étrangers (IDE), ils ont atteint un niveau record de 56 milliards de dirhams.

Pour Mustapha Baïtas, ces résultats sont le fruit de politiques publiques menées dans la durée. «Ces résultats ont été réalisés grâce à des politiques publiques et des actions majeures, certaines entreprises durant les crises et les tensions, d’autres étant le fruit d’un travail continu», a-t-il expliqué.

Le responsable gouvernemental a également insisté sur l’impact de ces différentes mesures sur la dynamique économique nationale. «Ces différentes actions nous ont permis d’avoir une économie nationale affichant une croissance importante de 4,8%», a-t-il affirmé.

Dans un contexte régional marqué par l’escalade militaire au Moyen-Orient, le gouvernement assure rester pleinement mobilisé pour anticiper toute conséquence éventuelle sur l’économie nationale. Mustapha Baïtas a ainsi indiqué que l’Exécutif suit attentivement l’évolution de la crise depuis son déclenchement.

«Le gouvernement suit de près cette crise depuis son déclenchement, et ce sujet restera au cœur de ses préoccupations et de son agenda», a conclu le porte-parole.

À Rabat, le message se veut clair: malgré les turbulences géopolitiques qui secouent le Moyen-Orient, les fondamentaux économiques du Royaume restent suffisamment solides pour absorber d’éventuels chocs extérieurs et préserver la trajectoire de croissance engagée ces dernières années.

Par Mohamed Chakir Alaoui et Yassine Mannan
Le 12/03/2026 à 18h15