Duke Buchan: «Le potentiel économique du Sahara marocain est illimité»

Duke Buchan, ambassadeur des États-Unis au Maroc.

Présent à Marrakech à l’occasion de la 4ème édition du Gitex Africa, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan met en avant le Sahara marocain comme nouvel horizon d’investissement, affirmant que «le potentiel économique du Sahara marocain est illimité». Son intervention inscrit ce positionnement dans une dynamique plus large d’engagement américain fondée sur la confiance, l’investissement direct et l’accompagnement des projets structurants du Royaume.

Le 07/04/2026 à 15h19

Le discours de Duke Buchan III s’ouvre sur une trajectoire personnelle qui éclaire, en filigrane, les mutations économiques du Maroc. «Je suis venu pour la première fois dans ce pays il y a 43 ans», rappelle-t-il, évoquant un parcours jalonné de séjours réguliers et d’un attachement durable.

Ce retour d’expérience sert de point d’appui à une lecture du changement. «Ce pays a grandi et a évolué, c’est impressionnant», affirme-t-il, illustrant cette transformation par le passage d’un environnement traditionnel à un espace désormais structuré par les outils numériques, où «Google Maps me guide désormais sans effort».

Derrière cette évocation se dessine une dynamique plus profonde, que l’ambassadeur attribue à «la vision et au leadership de Sa Majesté le roi Mohammed VI», tout en soulignant que «le secteur privé a été essentiel dans le développement du Maroc».

La densité de la participation internationale constitue, selon Duke Buchan, un indicateur direct de l’attractivité du Royaume. «55.000 investisseurs venus de 130 pays» sont réunis, preuve que «le monde regarde le Maroc».

Une telle mobilisation traduit une évolution qualitative du positionnement du pays. «Certains pays parlent du futur numérique, le Maroc le construit», résume-t-il, insistant sur la capacité du Royaume à matérialiser des projets à grande échelle.

Ce mouvement se concrétise à travers des réalisations tangibles: «Des data centers qui émergent de Tanger à Dakhla» et «un engagement à former 100.000 jeunes marocains chaque année aux compétences numériques et à l’intelligence artificielle». L’ambassadeur insiste sur une économie où «de vraies personnes créent de la valeur et construisent des carrières».

Une relation bilatérale inscrite dans la durée

La profondeur historique du partenariat maroco-américain structure le discours diplomatique. «Le Maroc est notre plus ancien allié», rappelle Duke Buchan III, soulignant «le plus ancien traité ininterrompu de l’histoire américaine».

Cette relation se traduit aujourd’hui par des investissements concrets. «Un nouvel investissement américain de 310 millions de dollars» accompagne l’ouverture d’un consulat à Casablanca, venant compléter «le plus ancien consulat américain au monde à Tanger».

Une telle continuité illustre, selon lui, «ce qu’est un engagement réel», fondé à la fois sur l’histoire et sur une présence économique active.

L’analyse économique de l’ambassadeur converge vers un principe central. «Les mots qui résonnent auprès des investisseurs sont stabilité, fiabilité, certitude et réformes intelligentes», explique-t-il.

Son expérience de «près de quatre décennies à Wall Street» nourrit une lecture directe des flux financiers internationaux: «l’argent suit la confiance et la certitude, et aujourd’hui il suit le Maroc».

Ce positionnement est renforcé par un élément déterminant à ses yeux: «le Maroc est le seul pays en Afrique à disposer d’une notation investment grade», un facteur qu’il qualifie de «très important pour les investisseurs internationaux».

La dynamique se prolonge dans des secteurs concrets, l’ambassadeur évoquant un marché immobilier animé où «les téléphones sonnent sans arrêt avec des investisseurs souhaitant acheter au Maroc».

Une stratégie américaine fondée sur l’investissement direct

Le positionnement des États-Unis s’articule autour d’un principe explicite: «Le commerce plutôt que l’aide». Duke Buchan insiste sur une approche privilégiant «des investissements de haute qualité» et non des mécanismes d’assistance.

«Nos accords ne sont pas assortis de conditions», précise-t-il, soulignant l’apport de «technologies américaines fiables et sécurisées». Cette orientation vise à s’inscrire dans une logique de partenariat durable, alignée sur les priorités économiques du Royaume.

L’ambassadeur insiste également sur la réalité des engagements car «les entreprises américaines concluent des accords concrets», participant à la mise en œuvre des projets portés au niveau national.

Le Sahara marocain occupe une place centrale dans l’intervention, présenté comme un espace stratégique pour les investissements à venir. «Le potentiel économique du Sahara marocain est illimité», affirme Duke Buchan III, inscrivant ce territoire dans une perspective de développement élargie.

Le soutien américain au plan d’autonomie est explicitement réaffirmé «comme voie vers la résolution et la prospérité». Cette position s’accompagne d’une mise en avant de projets structurants, notamment «un port en eau profonde à Dakhla, le plus grand et le plus profond jamais construit au Maroc».

Ce projet est conçu comme «une nouvelle porte reliant l’Afrique, les Amériques et l’Europe», complété par «de nouveaux data centers» et «une route commerciale reliant le Sahel aux marchés mondiaux».

L’ambassadeur souligne ainsi un basculement de perception stratégique: «Là où le monde voyait un désert, Sa Majesté a vu une opportunité». Un changement de regard déjà perceptible dans les intentions d’investissement, les entreprises américaines se montrant de plus en plus intéressées, «appelant sans cesse pour investir dans le Sahara».

Par Mouhamet Ndiongue
Le 07/04/2026 à 15h19