Brexit: comment la chute de la Livre sterling impactera-t-elle les exportations marocaines ?

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A peine le Brexit confirmé, c’est un carnage boursier qui s’en est suivi. Sans surprise, l’indice européen des banques plonge de plus de 14,45%. La Livre sterling touche son plus bas niveau depuis trente ans. La Bourse de Casablanca est épargnée, mais pas les exportations libellés en livre sterling.

Le 25/06/2016 à 22h31

Branle-bas de combat mondial, choc historique, séisme boursier...! Le Brexit a pris de court le monde politique et tourneboulé la sphère financière. Les marchés actions s’enfoncent, la Livre sterling s’affaisse, le CAC 40 pique du nez, seul l’or prend son envol, étant valeur refuge en pareilles situations.

Sans surprise, la Bourse de Casablanca est épargnée. Normal! Son compte capital n’étant pas ouvert. Mais, les banques ne risquent-elles pas de subir quelques effets collatéraux de la chute de la Livre sterling ?

Il est possible que la Place de Casablanca reste à l’abri des turbulences qui secouent les marchés financiers. Mais cela reste une simple hypothèse !

A très court terme, la chute de la Livre sterling, si elle se confirme les jours prochains (déjà -5,3% contre l’Euro et -7,7% vs Dollar vendredi 24 juin à mi-journée), elle aura un effet direct sur les échanges commerciaux entre le Maroc et le Royaume-Uni.

«Pour les exportateurs marocains dont les contrats sont libellés en Livres sterling, c’est une perte sèche une fois leurs créances converties en dirhams, note "l’Usine nouvelle", précisant que la monnaie marocaine est indexée sur l’Euro et, dans une moindre mesure, sur le Dollar".

Pour rappel, sur le marché des changes la Livre sterling avait dévissé de 6,28% par rapport au Dirham, vendredi 24 juin en fin de journée, selon les données de Bank Al-Maghrib. 

Pour les cambistes, la Livre sterling est la plus touchée sur les marchés avec une baisse vertigineuse se -9% face au Dollar. Elle devait ainsi toucher son plus faible niveau depuis plus de trente ans, dépassant même la chute du «mercredi noir» le 16 septembre 1992.

«Il ne faut pas dramatiser la situation, car le volume des échanges est d’à peine 1,2 milliard d'euros. Et il ne faut pas non plus faire preuve de manque d’inspiration. Cette situation suppose que l’on évite d’apporter de fausses idées et d’insuffisantes réponses», suggère un opérateur de la place.

Par Abdelouahed Kidiss
Le 25/06/2016 à 22h31