Blé tendre: le Maroc instaure une prime à l’importation jusqu’à fin avril 2026

Récolte de blé. (Photo d'illustration)

Le Maroc met en place un mécanisme de restitution au profit des importateurs de blé tendre meunier pour la période allant de janvier à avril 2026. Une circulaire de l’ONICL précise les modalités d’éligibilité, de calcul et de versement de cette aide destinée à sécuriser l’approvisionnement national et à stabiliser les prix.

Le 02/01/2026 à 13h33

Par une décision conjointe des ministères de l’Économie et des Finances et de l’Agriculture, le Maroc a instauré un système de restitution, sous forme de prime forfaitaire, au profit des importateurs de blé tendre meunier. Ce dispositif est formalisé par une circulaire de l’Office national interprofessionnel des céréales et des légumineuses (ONICL), datée du 31 décembre 2025.

La mesure s’applique aux importations réalisées entre le 1er janvier et le 30 avril 2026, période durant laquelle les opérateurs concernés pourront bénéficier de cette aide de l’État.

La prime vise exclusivement les quantités de blé tendre meunier importées pendant cette période par les organismes stockeurs, notamment les commerçants en céréales, les coopératives agricoles marocaines et leur union, ainsi que par les minoteries industrielles.

L’éligibilité est conditionnée à la présentation d’un connaissement (reçu de marchandises expédiées par mer) attestant que le chargement a été effectué entre le 1er janvier et le 30 avril 2026. En cas de force majeure dûment constatée par un comité de suivi, les cargaisons chargées après cette date pourront bénéficier du taux applicable au mois d’avril 2026.

Le montant de la prime est calculé sur une base mensuelle et correspond à la différence entre un «prix de revient moyen sortie port» et un prix de référence fixé à 270 dirhams par quintal.

Le prix de revient moyen est déterminé à partir des coûts du blé importé, en se basant sur les prix FOB (sans frais de transport et assurance) et le fret des deux origines les moins chères parmi l’Allemagne, l’Argentine, la France et les États-Unis.

Des règles spécifiques de lissage sont prévues lorsque l’écart entre les deux origines retenues dépasse un certain seuil. À ces éléments s’ajoutent des frais d’approche ainsi qu’une marge forfaitaire fixée à 22,5 dirhams par quintal.

Les données quotidiennes nécessaires au calcul sont issues de FranceAgriMer et du Conseil international des céréales, conformément aux précisions apportées en annexe de la circulaire.

Une commission interministérielle se réunira avant le troisième jour ouvré de chaque mois afin d’arrêter le montant unitaire de la prime applicable au mois suivant, sur la base des données du mois écoulé.

Engagements des importateurs

Les importateurs bénéficiaires sont tenus de s’engager formellement, via une annexe type, à livrer exclusivement le blé importé aux minoteries industrielles. Ils doivent déclarer ces livraisons à l’ONICL, toute quantité non livrée entraînant le remboursement de la prime indûment perçue.

Le paiement de l’aide est effectué en une seule fois, par récépissé d’importation, sous réserve du dépôt d’un dossier complet avant le 31 décembre 2026.

Ce dossier doit notamment comprendre l’engagement signé, le connaissement, la facture commerciale, l’attestation d’importation ainsi que l’ensemble des justificatifs requis. Tout dossier déposé après cette échéance sera déclaré irrecevable, sauf en cas de force majeure reconnue.

Selon la circulaire, les opérateurs sont également tenus de refléter l’effort de l’État dans leurs prix de vente aux minoteries et sur le marché intérieur. Ce système de restitution a, en fait, pour objectif de soutenir l’approvisionnement national en blé tendre et de contribuer à la stabilité des prix pour le consommateur final.

L’ONICL assurera un suivi rigoureux des quantités importées et livrées, notamment à travers des déclarations obligatoires effectuées via son portail électronique.

Pour les quatre premiers mois de 2026, les importateurs de blé tendre meunier pourront ainsi bénéficier d’une aide publique dont le montant variera mensuellement en fonction de l’évolution des cours internationaux, dans un cadre strictement encadré visant à sécuriser l’approvisionnement et à maîtriser les prix intérieurs.

Par Lahcen Oudoud
Le 02/01/2026 à 13h33