Pas moins de quatorze barrages en construction ont enregistré une accélération des travaux en 2025. Les délais d’exécution ont été réduits de six mois, voire trois ans selon les projets, d’après le ministère de l’Équipement et de l’Eau. Plusieurs ouvrages approchent désormais de leur mise en service, tandis que d’autres commencent à constituer leurs premières réserves.
Dans la province d’Agadir, le barrage de Tamri atteint un taux de réalisation de 88%. Le calendrier initial a été réduit de 33 mois. À Aït Ziat, dans la province d’Al Haouz, les travaux sont quasiment achevés avec un taux d’avancement de 99%, après un gain de 17 mois sur le planning.
D’autres chantiers arrivent à un stade avancé. Le barrage Sidi Abbou, dans la province de Taounate, affiche également 99% de réalisation, avec un délai raccourci de 7 mois. Quant à la surélévation du barrage Mokhtar Soussi, dans la province de Taroudant, elle progresse à 77%, après une réduction du calendrier de 10 mois.
Dans la province de Taounate, le barrage Ratba poursuit son chantier avec un taux d’avancement de 46%. Les travaux ont gagné 14 mois par rapport aux prévisions initiales.
En plus de ces projets en cours de finalisation, certaines infrastructures sont déjà entrées dans leur phase opérationnelle. Le barrage Ghiss, dans la province d’Al Hoceïma, a commencé à se remplir au début de l’année 2025 avec une capacité de 93 millions de m³.
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Selon le ministère de l’Équipement et de l’Eau, ces nouvelles infrastructures viennent renforcer les réserves hydrauliques du pays. À la fin de 2025, la capacité globale des grands barrages atteint ainsi 20,8 milliards de m³.
Les travaux ont été également lancés pour quatre barrages de taille moyenne, représentant une capacité totale de 50 millions de m³. De plus, sept petits barrages et lacs collinaires sont en cours de réalisation pour une capacité dépassant 7,5 millions de m³. Six autres projets similaires font actuellement l’objet d’appels d’offres.
Travaux de surélevation du barrage Mohammed V.. le360
Le développement des stations de dessalement de l’eau de mer se poursuit aussi. En 2025, la capacité de production nationale dépasse 350 millions de m³. Quatre projets supplémentaires, totalisant plus de 567 millions de m³, sont en cours de réalisation, tandis que onze stations supplémentaires sont programmées.
La future station de dessalement de Casablanca constitue l’un des projets les plus importants. Alimentée par l’énergie éolienne, elle doit produire 300 millions de m³ par an afin d’alimenter les villes de Casablanca, Settat et Berrechid en eau potable et en eau destinée à l’irrigation.
Par ailleurs, «des panneaux solaires flottants ont été installés au-dessus du barrage Tanger Med afin de limiter l’évaporation de l’eau stockée. Cette technologie permet à la fois de réduire les pertes d’eau et de produire une énergie propre utilisée pour le pompage, le dessalement et les systèmes numériques», indique le ministère.
Lors de l'installation des panneaux solaires flottants au-dessus du barrage Tanger Med.. AFP
En parallèle, des contrats ont été établis «entre l’État, les agences des bassins hydrauliques, les collectivités territoriales, les usagers de l’eau et les différents acteurs concernés. Ces accords visent à définir des engagements mutuels pour protéger les nappes phréatiques, préserver leur équilibre et rationaliser leur exploitation».
À ce jour, «cinq contrats ont été signés concernant les nappes d’Al Haouz, Raml, Fija, Meski-Boudnib et Fès-Meknès. D’autres contrats sont en préparation, dont deux prêts à être signés, afin de renforcer ce chantier face à la surexploitation des eaux souterraines, améliorer le suivi des ressources et instaurer un usage durable et équitable de l’eau».
La politique hydraulique intègre également la prévention des risques naturels. On apprend ainsi qu’il a été procédé à la poursuite de «la mise en œuvre de la stratégie nationale de gestion des risques d’inondations pour protéger les vies humaines et les biens. Entre 2021 et 2025, 33 projets ont été réalisés pour un coût de 774,32 millions de dirhams, afin de sécuriser les centres urbains et ruraux et de renforcer leur résilience hydrologique dans 22 préfectures et provinces».
Et les travaux se poursuivent encore pour 15 projets supplémentaires de protection contre les crues des oueds dans 16 préfectures et provinces, pour un coût de 685,40 millions de dirhams.

























