Les données relatives aux principaux barrages du pays mettent en évidence une hausse rapide du volume global d’eau stockée. Celui-ci est passé de 6.583 millions de mètres cubes (Mm³) à 7.123 Mm³ entre le 31 décembre 2025 et le 5 janvier 2026, soit un apport supplémentaire de 540 Mm³.
Le taux de remplissage moyen national s’est ainsi amélioré de 3,3 points, passant de 39,2% à 42,5% en l’espace de cinq jours. Une telle progression sur une période aussi courte traduit l’impact immédiat des pluies de début janvier, notamment dans les bassins du Sebou, de l’Oum Er-Rbia et du Loukkos.
Cette évolution intervient après une fin d’année 2025 marquée par une pression persistante sur les ressources en eau, conséquence de plusieurs campagnes agricoles déficitaires et d’une variabilité climatique accrue.
Derrière cette amélioration nationale se cachent toutefois des situations très contrastées selon les ouvrages et les bassins. Certains barrages ont bénéficié d’apports hydriques conséquents.
Le barrage Ahmed El Hanssali a enregistré une hausse de 7 points, son taux de remplissage passant de 27% à 34%, avec un volume additionnel proche de 50 Mm³.Le barrage Al Wahda, pilier du système hydraulique national, a vu ses réserves augmenter de plus de 130 Mm³, portant son taux de remplissage de 50% à 54%.
Dans les bassins du nord, la situation apparaît nettement plus confortable. Les barrages Sidi Med Ben Abdellah et Oued El Makhazine, déjà bien remplis fin décembre, ont frôlé leur capacité maximale, atteignant respectivement 98%, ce qui renforce la sécurité d’approvisionnement en eau potable et en irrigation dans ces régions.
Des barrages stratégiques toujours sous forte tension
À l’inverse, plusieurs ouvrages majeurs demeurent dans une situation critique malgré la tendance haussière observée au niveau national. Le barrage Al Massira, essentiel pour l’alimentation en eau du Grand Casablanca et pour l’irrigation de vastes périmètres agricoles du Centre, stagne à un taux de remplissage d’environ 5%. Les apports enregistrés restent insuffisants pour amorcer un véritable redressement.
Les barrages Bin El Ouidane et Hassan II, dont les niveaux sont respectivement passés de 16% à 18% et de 15% à 16%, affichent une amélioration marginale qui ne modifie pas fondamentalement leur situation de vulnérabilité. Cette faiblesse persistante continue de peser sur la production hydroélectrique et sur l’approvisionnement agricole.
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L’amélioration constatée début 2026 offre un répit ponctuel, mais elle ne remet pas en cause les déséquilibres structurels qui caractérisent la gestion de l’eau au Maroc. La dépendance accrue aux précipitations, combinée à la hausse des besoins liés à la croissance démographique, à l’urbanisation et à l’agriculture irriguée, maintient une pression constante sur les barrages.
Dans ce contexte, les autorités poursuivent une stratégie reposant sur la diversification des sources d’approvisionnement, incluant le dessalement de l’eau de mer, la réutilisation des eaux usées traitées et le renforcement des interconnexions entre bassins.
Si le Maroc entame l’année 2026 sur une note hydrique plus favorable qu’à la fin de 2025, la consolidation de cette tendance dépendra largement de l’évolution de la pluviométrie au cours des prochaines semaines. Un déficit prolongé pourrait rapidement annuler les gains enregistrés début janvier.
La situation des barrages stratégiques, en particulier Al Massira, impose ainsi une vigilance accrue et une gestion rigoureuse de la ressource. Plus que jamais, la rationalisation des usages et l’anticipation des risques climatiques s’imposent comme des priorités pour sécuriser l’approvisionnement en eau du pays à moyen et long termes.






